À Kénendé, au pied du mont Kakouima, dans le secteur de Sangar, sort de terre le plus grand projet de formation administrative de l’histoire de la Guinée: la future École Nationale d’Administration (ENA). Sur 6 hectares, 5 blocs, 54 salles de classe, un amphithéâtre, des logements, un restaurant et des terrains de sport. Coût: plus de 216 milliards GNF. Objectif: former une nouvelle génération de cadres compétents, éthiques et patriotes au service de la nation.
Il y a des chantiers qui construisent des bâtiments. Et il y a des chantiers qui construisent un pays.
Celui de Kénendé fait partie de la deuxième catégorie.
À quelques kilomètres de Conakry, dans la préfecture de Dubréka, au pied du majestueux mont Kakouima, dans le secteur de Sangar, se poursuit le projet de construction de la future École Nationale d’Administration (ENA) de Guinée.
Un projet phare de la vision Simandou 2040, voulu par le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya.
L’ENA n’est pas une simple école. C’est un véritable campus, construit sur un domaine de 6 hectares.
Réparti en cinq lots / cinq blocs, ce complexe moderne comprendra:
– Un bloc administratif R+1, pour la direction, les services et l’administration de l’école
– Un bloc de formation R+2, doté de 54 salles de classe – de quoi accueillir plusieurs promotions en même temps
– Des logements pour les élèves-fonctionnaires, pour vivre, étudier et se concentrer loin des tracasseries de Conakry
– Un restaurant moderne
– Un amphithéâtre pour les grandes conférences, les cours magistraux et les cérémonies
– Une salle de sport, un terrain de sport et une infirmerie, parce qu’un cadre performant doit aussi être en bonne santé

216 milliards GNF, financés par la Guinée elle-même
Le coût total du projet est estimé à 216 641 823 703 GNF, financé par le Budget National de Développement (BND).
C’est un point essentiel: ce n’est pas un don, ce n’est pas un prêt étranger. C’est la Guinée qui investit son propre argent dans la formation de ses propres cadres. Un investissement majeur, mais un investissement qui rapportera pendant 50 ans.
Lors de sa dernière visite de terrain, le 24 février 2026, le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a évalué l’état d’avancement:
« Nous sommes à 70% du taux de réalisation physique pour un taux de décaissement de 40%. »
Les travaux, lancés en août 2024, ont connu un ralentissement. Le ministre l’a reconnu lui-même: écart entre l’exécution physique qui dépasse 60% et l’exécution financière autour de 40%. Mais le rythme a repris. L’objectif: achever les travaux et l’équipement des bâtiments pour rendre le site entièrement opérationnel et accueillir la première promotion.
Une école créée par décret, le 9 juin 2026
Le 9 juin 2026, le Président Mamadi Doumbouya a signé le décret fondateur portant création, attribution, organisation et fonctionnement de l’ENA.
L’ENA est un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité juridique et jouissant de l’autonomie administrative, financière et académique. Son siège social est officiellement établi à Dubréka.
Elle remplace l’ancien Institut National de Formation et de Perfectionnement (INFP). Les agents, les élèves et les stagiaires de l’INFP sont automatiquement intégrés à la nouvelle structure.
Placée sous la tutelle technique du Ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, et sous la tutelle financière du Ministère de l’Économie et des Finances, l’ENA a pour mission:
– Assurer la formation initiale des futurs fonctionnaires
– Assurer la formation continue des agents déjà en activité
– Préparer les candidats aux concours administratifs et professionnels
– Former aussi des acteurs du secteur privé et des auditeurs étrangers

La première promotion: déjà 240 élèves
Le 15 avril 2026, au Palais du Peuple, le ministre Bourouno a lancé l’appel à candidatures pour la première promotion.
Elle sera composée de 240 étudiants:
– 180 fonctionnaires en activité, pour un perfectionnement professionnel
– 60 jeunes diplômés, lauréats nationaux et de la diaspora, recrutés par voie externe en tant qu’élèves-fonctionnaires pour un cycle de 2 ans
« C’est une école qui aura désormais pour rôle de former des cadres guinéens sur les métiers dans le cadre du fonctionnement de l’administration publique », a expliqué le ministre.
Et il a rappelé les trois défis que l’ENA doit relever:
1. Former les propres élites de l’État
2. Opérer la transition vers l’Administration 2.0, numérique, moderne, dématérialisée
3. Renforcer l’éthique et l’efficacité budgétaire
Car avec l’exploitation du minerai de fer de Simandou, la Guinée aura besoin d’un capital humain capable de porter cette croissance, de négocier, de gérer, de contrôler, de servir.
Pourquoi Dubréka ? Pourquoi Kénendé ? Pourquoi le Kakouima ?
Le choix de Kénendé n’est pas un hasard.
D’abord, Dubréka est à la porte de Conakry, mais loin de son bruit, de ses embouteillages, de ses distractions. Un lieu idéal pour étudier, réfléchir, se concentrer.
Ensuite, le mont Kakouima, cette montagne mythique qui domine la région, est un symbole. Pour les habitants de Dubréka, il est une sentinelle, une fierté, une force. Demain, les futurs cadres guinéens se formeront à son pied. Ils apprendront la rigueur, la hauteur, la vision. Comme le Kakouima, ils devront voir loin.
Enfin, installer l’ENA à Dubréka, c’est décentraliser l’excellence. Ce n’est plus seulement Conakry qui forme, qui décide, qui rayonne. C’est toute la Guinée. Dubréka va gagner des emplois, des commerces, des logements, des restaurants, des transports. Toute une économie locale va naître autour de l’ENA.
Il faut le dire sans détour: la Guinée a longtemps souffert d’une administration faible, lente, parfois corrompue, souvent mal formée.
Combien de dossiers bloqués ? Combien de citoyens humiliés dans les bureaux ? Combien de marchés mal négociés parce que l’État n’avait pas les bons cadres ?
L’ENA de Dubréka veut changer cela.
Demain, les sous-préfets, les chefs de service, les directeurs, les inspecteurs, les administrateurs qui serviront à Conakry, à Kankan, à Labé, à Nzérékoré, à Boké, à Kindia, à Faranah, à Mamou, seront formés ici, à Kénendé.
Ils apprendront le droit, la gestion, les finances publiques, l’éthique, le numérique, le service public.
Ils apprendront que servir l’État, ce n’est pas se servir. C’est servir la nation.
Au pied du mont Kakouima, les murs montent. Les salles se dessinent. L’amphithéâtre prend forme.
Bientôt, 240 jeunes, puis 500, puis 1 000, puis des milliers de cadres guinéens passeront par Kénendé.
Ils en sortiront avec un diplôme, mais surtout avec une mission: faire de la Guinée une administration moderne, compétente et digne de son peuple.
Dubréka ne sera plus seulement la préfecture du Kakouima.
Dubréka sera la capitale de l’excellence administrative guinéenne.
Et ça, c’est un investissement qui vaut tous les ors de Simandou.
A16, pour Siaminfos.com