Le parquet général près la Cour d’appel de Kankan a annoncé vendredi 24 juillet 2026, l’ouverture imminente du procès des cinq personnes poursuivies pour viol collectif présumé à Mandiana. Dans le même temps, les autorités judiciaires mettent en garde contre la diffusion d’images obscènes liées à l’affaire, dénonçant des atteintes à la dignité des victimes et à la sérénité des débats.
C’est un communiqué ferme qui met fin à plusieurs semaines de silence judiciaire. Le procureur général Marwane Baldé a dénoncé avec « une profonde indignation » la circulation persistante, sur les réseaux sociaux, d’anciennes images à caractère obscène en lien avec cette procédure, alors que le dossier est toujours en instance devant les juridictions compétentes.
Dans son communiqué, le parquet général rappelle que l’enquête a connu une avancée significative dès le mois d’avril 2026. Quatre des cinq mis en cause ont été interpellés et placés sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur du tribunal de première instance de Mandiana. Le cinquième suspect, en fuite, fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt « en cours d’exécution », précise le procureur.
La procédure suit son cours dans le respect des principes fondamentaux, notamment la présomption d’innocence, les droits de la défense et les garanties légales, conformément à la loi guinéenne.
Le procureur général a également tenu à rassurer l’opinion nationale et internationale : le procès des cinq personnes poursuivies s’ouvrira « dans les tout prochains jours » devant le tribunal de première instance de Mandiana. Il assure que les débats se tiendront dans le cadre d’un procès équitable, avec le souci constant de garantir les droits de toutes les parties.
Cette annonce intervient alors que la pression médiatique et numérique ne cesse de croître autour de ce dossier sensible, qui avait suscité une vive émotion dans la région de Kankan et au-delà.
Au-delà du volet judiciaire, le procureur général a adressé un avertissement clair aux internautes et aux relais d’informations. Il déplore la diffusion répétée sur les plateformes numériques d’images obscènes liées à cette affaire, estimant que ces contenus :
· portent « gravement atteinte à la dignité des personnes concernées » ;
· compromettent le bon déroulement de la procédure judiciaire ;
· sont susceptibles de constituer des infractions au regard de la législation sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel.
Marwane Baldé invite en conséquence les citoyens à faire preuve de responsabilité en s’abstenant de partager ces contenus, et leur demande de placer leur confiance dans la justice, « seule habilitée à établir les responsabilités et, le cas échéant, à sanctionner les auteurs d’infractions dans le respect des règles de droit ».
L’affaire de viol collectif présumé de Mandiana continue de mobiliser l’attention des défenseurs des droits humains et des observateurs de la justice en Guinée. L’ouverture prochaine du procès pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les violences sexuelles et la protection des victimes, tout en posant la question cruciale de la régulation des contenus numériques dans les procédures judiciaires.
Le parquet général promet que les débats seront menés « dans le strict respect des exigences d’un procès équitable ». Rendez-vous est pris devant le tribunal de Mandiana pour l’ouverture du procès, dont la date précise n’a pas encore été communiquée.
Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com
