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Cherté du Prix de viande à Labé : la commune suspend la vente pendant 72 heures, les bouchers sommés de trouver un consensus

Face à l’explosion des prix du kilogramme de viande, passé de 60.000 à parfois 100.000 FG, la municipalité de Labé a décidé de fermer temporairement la boucherie centrale à compter de ce mercredi 10 juin 2026. Un ultimatum de trois jours est donné aux bouchers pour se réorganiser et fixer un tarif consensuel.

La tension est montée d’un cran ce mardi 9 juin 2026, dans la capitale du Fouta. Réunis dans l’après-midi avec une délégation des bouchers de Labé, les responsables communaux n’ont pas mâché leurs mots : si aucun accord n’est trouvé d’ici 72 heures, la boucherie restera portes closes. Une menace de fermeture qui intervient après des semaines de flottement sur le prix de la viande, devenu inaccessible pour une grande partie de la population.

Jusqu’au 1er juillet, un accord verbal liait la mairie et les professionnels du secteur : le kilogramme de viande devait être vendu 60.000 francs guinéens. Un engagement qui n’a visiblement pas été respecté. « Hier, nous avons rencontré l’inspectrice régionale de l’information et la cheffe de cabinet du gouvernorat. Toutes deux se sont plaintes d’avoir acheté le kilo à 80.000 FG, voire 100.000 FG », a confié Ibrahima Sory Bandian, conseiller communal, au correspondant de Siaminfos.com.

Face à ces dérives jugées « fantaisistes et exorbitantes », la commune a donc décidé d’une suspension immédiate de toute vente de viande à la boucherie de Labé pour une durée de trois jours, à partir de ce mercredi 10 juin. « Nous leur avons dit de cesser toute vente jusqu’à vendredi prochain, tant qu’un prix consensuel n’aura pas été trouvé », a martelé l’élu.

Dans son intervention, Ibrahima Sory Bandian n’a pas éludé la responsabilité de la commune. « Le problème d’instabilité du prix, c’est à la base. Il n’y a pas eu de suivi, pour dire vrai. Sinon, les bouchers ne peuvent pas se permettre d’augmenter le prix comme ils le veulent. » Il rappelle que l’accord initial prévoyait un maintien du kilo à 60.000 FG jusqu’au 1er juillet, avant une révision à la baisse. « Ils veulent juste enregistrer un maximum de bénéfice. Vous ne pouvez pas acheter un bœuf à cinq millions et vouloir gagner ce même chiffre en guise d’intérêt. »

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Interrogé sur la part de responsabilité de la commune, le conseiller répond sans détour : « Je dirais oui, mais au-delà de 60.000 FG, je dirais non. »

Autre difficulté de taille : l’interlocuteur traditionnel des bouchers est actuellement indisponible. « Le président des bouchers est à la maison centrale de Labé », a révélé Bandian. La commune a donc sommé la profession de lui désigner un nouveau représentant pour discuter. « Nous leur avons dit de se réorganiser pour nous chercher un interlocuteur. »

D’ici là, la menace est claire : aucun étal ne sera autorisé à ouvrir. « S’ils trouvent un consensus entre eux autour du prix, nous en informerons la population par votre intermédiaire, chers journalistes. Si tel n’est pas le cas, il leur est interdit de vendre de la viande tant qu’un terrain d’entente ne se dégage pas dans les 72 heures. »

En cette veille de fermeture, les regards tournent vers la boucherie centrale de Labé. Les ménages, déjà éprouvés par la cherté de la vie, espèrent qu’une solution rapide émergera. Les bouchers, eux, disposent de trois jours pour revoir leurs prétentions à la baisse. Faute de quoi, la commune pourrait bien passer à l’acte en verrouillant définitivement les portes.

Labé, Bachir Diallo pour Siaminfos.com

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