Clinique « coréenne » de Kissosso : immersion dans un « mouroir clandestin » où l’on paie cher pour mourir dans l’obscurité
En plein cœur de Kissosso (commune de Matoto), une clinique présentée comme « coréenne » fonctionne dans l’opacité la plus totale. Absence d’identité officielle, noir absolu la nuit, soins potentiellement meurtriers et aucune traçabilité des actes médicaux : Siaminfos.com qui y a fait une immersion dresse un constat d’une dérive sanitaire aux conséquences déjà tragiques.
Lundi 11 mai 2026, à 22 heures. La nuit est tombée depuis longtemps sur le quartier de Kissosso. Pas une enseigne, pas un réverbère. Seule une bâtisse anonyme, sans plaque ni nom, se devine dans l’obscurité. Il faut tendre l’oreille : quelques murmures, le bruit sourd d’une porte qu’on ouvre. Bienvenue à la « clinique coréenne », un lieu que les riverains et les patients décrivent désormais comme un mouroir.
Sur place, aucun courant électrique. Aucun groupe électrogène pour pallier l’absence d’électricité. Les quelques portables des patients servent de seules sources de lumière. Dans le couloir, une odeur âcre, indéfinissable. Aucune poubelle médicale, aucun équipement apparent. Les lits, hétéroclites, ne répondent à aucune norme sanitaire.
Pire : pour cette « offre de soins », chaque consultation est facturée à 150.000 francs guinéens (environ 15 dollars), sans qu’aucun reçu, ordonnance ou certificat médical ne soit délivré. Zéro trace administrative, zéro traçabilité.
Faute d’interlocuteur officiel présent de nuit le seul Coreen sur place, visiblement employé, ne parle ni français ni anglais, se contente de souffler quelques mots inaudibles avant de disparaître.
Le récit le plus glaçant concerne un homme venu de l’intérieur du pays. Son état, déjà fragile, aurait été précipité par une erreur thérapeutique fatale, nous confie un patient.
« Celui dont je parle a rendu l’âme dans des circonstances insoutenables. Quand il est venu, ils lui ont mis un sérum glucosé, alors qu’il souffre de diabète. Et c’est entre-temps qu’il a rendu l’âme. »
En médecine standard, l’administration de glucose à un patient diabétique non contrôlé est formellement contre-indiquée, sauf urgence vitale encadrée. Aucun certificat de décès n’aurait été remis à la famille. Selon nos informations, le corps a été provisoirement déposé… dans un bureau de la clinique.
Une zone de non-droit sanitaire. Les manquements relevés sur place sont si graves qu’ils dépassent l’erreur médicale pour relever de la mise en danger délibérée de la vie d’autrui :
· Absence totale de conformité aux normes sanitaires (hygiène, matériel, équipements).
· Absence d’identité légale : pas d’enseigne, pas d’agrément affiché, pas de documents officiels.
· Tarification abusive (150.000 GNF) pour un service non médicalisé, sans électricité ni suivi.
· Risque majeur pour la santé publique : erreurs de prescription, absence de certification des soignants, impossibilité d’enquête post-mortem.
Face à ce tableau accablant, plusieurs interrogations légitimes se posent, que la rédaction transmet sans ambages aux autorités :
1. Le ministère de la Santé est-il informé de l’existence de cette clinique coréenne à Kissosso ?
2. Dispose-t-elle d’un agrément officiel pour exercer des activités de soins ?
3. Dans l’affirmative, pourquoi aucun contrôle régulier n’est-il mené ?
4. Dans la négative, pourquoi l’État tolère-t-il qu’une structure clandestine continue à opérer, avec des conséquences létales avérées ?
Aucune réponse de la direction de la clinique n’a pu être obtenue malgré nos multiples tentatives, l’établissement étant dépourvu de tout numéro de contact ou d’adresse officielle.
Siaminfos.com
