Acrobatie en Guinée : à Dabondi 1, la passion des jeunes face au manque de moyens
Au débarcadère de Dabondi 1, dans la commune de Matoto, des jeunes venus de différents quartiers de Conakry se retrouvent régulièrement pour s’entraîner à l’acrobatie. Entre figures spectaculaires et exercices physiques, ils pratiquent cet art avec passion, convaincus de son importance dans l’éducation, la discipline et le développement physique des enfants.
Sur cet espace d’entraînement, Abega Bangoura, formateur et passionné d’acrobatie, consacre une partie de son temps à l’encadrement de ces jeunes. Malgré les difficultés auxquelles il est confronté, il poursuit son engagement pour transmettre son savoir-faire et accompagner les pratiquants dans leur progression.
Pour lui, la formation ne doit pas se limiter aux performances physiques. L’instruction scolaire constitue également un élément essentiel pour permettre aux jeunes de saisir les opportunités professionnelles qui pourraient se présenter à eux.
« C’est très important d’avoir un niveau scolaire, parce que dans ce sport, on peut aussi évoluer et obtenir des contrats. Si on te donne un document à lire et que tu ne sais pas le lire, tu ne pourras pas bien le comprendre ni signer un contrat dans de bonnes conditions », explique-t-il.

Autrefois très pratiquée, l’acrobatie semble aujourd’hui perdre du terrain à Conakry. Les passionnés de cette discipline déplorent notamment le manque d’infrastructures adaptées, qui complique les entraînements et limite les possibilités de développement de cette activité.
Parmi les pratiquants, Mouhamed Sylla considère l’acrobatie comme bien plus qu’un simple exercice physique. Il y voit un métier, mais aussi une école de rigueur et de responsabilité pour ceux qui la pratiquent.
« L’acrobatie que je pratique, c’est mon métier. Le soir, je viens ici pour m’entraîner. Le matin, je me rends dans les salles pour travailler également. C’est un art qui demande de la discipline. L’acrobatie, c’est la discipline », témoigne-t-il.
Cependant, entre les risques liés à certaines figures et le manque de moyens matériels, les conditions de pratique restent difficiles pour ces jeunes acrobates. L’absence d’espaces suffisamment aménagés représente également une préoccupation pour ceux qui souhaitent poursuivre leur progression dans un environnement plus sûr.
Face à ces difficultés, ils lancent un appel aux autorités et aux personnes de bonne volonté afin d’obtenir un accompagnement adapté. Leur ambition est de préserver cette discipline, d’offrir de meilleures perspectives aux jeunes pratiquants et d’assurer la relève de l’acrobatie en Guinée.
Hassane Diallo, pour siaminfos.com
