États-Unis : Meta condamné à verser 25 milliards de dollars après des accusations de tromperie sur les données personnelles
Le groupe Meta, propriétaire de Facebook, a été condamné à payer 25 milliards de dollars à l’État du Nouveau-Mexique. La décision fait suite à un procès portant sur des pratiques jugées trompeuses concernant la protection des données personnelles et la modération des contenus sur le réseau social.
Nouvelle sanction majeure pour Meta aux États-Unis. Le géant du numérique a été condamné, mercredi 21 octobre 2026, à verser 25 milliards de dollars au Nouveau-Mexique, après qu’un jury a estimé que l’entreprise avait induit les consommateurs en erreur sur plusieurs aspects de ses pratiques.
À l’origine de cette procédure, une plainte déposée en 2021 par les autorités de cet État américain. Elles reprochaient notamment à l’entreprise de ne pas avoir suffisamment informé les utilisateurs sur l’accès à leurs données personnelles et sur les règles appliquées aux contenus préjudiciables diffusés sur Facebook.
Cette affaire s’inscrit dans le prolongement du scandale Cambridge Analytica, révélé en 2018. Cette société britannique de conseil politique avait obtenu des informations personnelles concernant des dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook, sans leur consentement éclairé.
Ces données auraient notamment servi à établir des profils psychologiques à des fins de ciblage politique, dans un contexte marqué par la campagne présidentielle américaine de 2016.
Le dossier a provoqué une vive controverse internationale sur les pratiques des grandes plateformes numériques, leur responsabilité dans la gestion des informations privées et les limites du contrôle exercé par les utilisateurs sur leurs données.
Lors du procès, les jurés ont considéré que 26 des 29 déclarations examinées concernant les pratiques de Meta étaient trompeuses. Le décompte retenu par la justice a dépassé les 43 millions de violations de la législation du Nouveau-Mexique sur la protection des consommateurs.
Le juge Francis Mathew a ensuite fixé la sanction financière à 25 milliards de dollars. Un montant exceptionnel, qui place cette décision parmi les plus importantes sanctions judiciaires prononcées contre une entreprise aux États-Unis.
Selon les autorités de l’État, les sommes récupérées doivent alimenter un fonds destiné au financement du système éducatif local.
représente un nouveau défi juridique pour le groupe dirigé par Mark Zuckerberg. Meta conteste l’interprétation retenue par la justice et entend faire appel, estimant notamment que cette sanction soulève des questions importantes concernant l’application de la loi et la liberté d’expression.
L’issue de cette procédure pourrait avoir des conséquences au-delà du seul Nouveau-Mexique. Elle relance le débat sur les obligations des plateformes numériques en matière de transparence, de protection des données et de responsabilité envers leurs utilisateurs.
Cette affaire rappelle surtout que la gestion des informations personnelles constitue désormais un enjeu majeur pour les entreprises technologiques. Face à la multiplication des poursuites, les géants du secteur sont de plus en plus confrontés à des demandes de comptes sur leurs pratiques commerciales et leurs mécanismes de protection des internautes.
Hassane Diallo, pour siaminfos.com
