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Kankan : des vendeuses de poisson en colère ferment plusieurs points de vente

Une vive tension a secoué la commune urbaine de Kankan dans la matinée de ce mardi 3 janvier 2026. Des femmes vendeuses de poisson, majoritairement issues des marchés Dibida et Sogbè, ont mené une action collective en procédant à la fermeture forcée de plusieurs points de vente de poisson à travers la ville. Cadenas en main, elles ont verrouillé de nombreuses poissonneries, paralysant temporairement l’activité du secteur.
Par cette action radicale, ces commerçantes entendent dénoncer la hausse qu’elles qualifient d’« excessive et injustifiée » des prix du poisson sur les marchés locaux. Selon elles, cette flambée compromet sérieusement leur activité, réduit considérablement leurs marges bénéficiaires et alourdit davantage le fardeau des ménages déjà éprouvés par la cherté de la vie.
Il s’agit d’une colère longtemps contenue. Regroupées dès les premières heures de la matinée au rond-point du marché de Sogbè, les manifestantes ont parcouru plusieurs quartiers de la ville pour fermer, à l’aide de leurs propres cadenas, les points de vente de poisson, affirmant vouloir maintenir cette pression jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Malgré la résistance de certains propriétaires, la quasi-totalité des sites ciblés ont été contraints de cesser leurs activités.
« Le prix du poisson augmente chaque jour sans explication. Des cartons qui se vendaient à 220 000 francs guinéens sont aujourd’hui proposés entre 300 000 et 400 000 francs. Dans ces conditions, il est impossible de faire des bénéfices. Nous faisons vivre nos familles grâce à ce commerce. Si rien ne change, comment allons-nous survivre ? C’est pourquoi nous avons décidé de fermer tous les points de vente jusqu’à ce que les autorités trouvent une solution. Tant qu’aucune mesure n’est prise, ces frigos resteront fermés », a déclaré M’Ballou Condé.
Cette situation met en péril l’activité des vendeuses et accentue les difficultés des consommateurs, déjà confrontés à une hausse généralisée des prix des denrées alimentaires « Aujourd’hui, presque toutes les femmes du marché sont endettées. Nous ne savons plus comment rembourser nos dettes. Si notre seule source de revenus est gérée de cette manière sous le regard des autorités, comment allons-nous nous en sortir ? Les familles souffrent déjà. Au lieu de soulager la population, les prix ne cessent d’augmenter. Il faut que cela change », s’est indignée Fatoumata Sidibé.
À l’approche du mois saint de Ramadan, les manifestantes se disent déterminées à suspendre toutes leurs activités tant que les prix du poisson ne seront pas revus à la baisse « Nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions. Les prix d’achat augmentent sans cesse, alors que les clients refusent de payer plus cher », confie Aïcha Kaba, une vendeuse visiblement exaspérée.
Contactés, les responsables de l’Inspection régionale de la Pêche et de l’Économie maritime n’ont pas souhaité s’exprimer, indiquant être en phase d’évaluation de la situation avant toute communication officielle.
En attendant une issue favorable, cette fermeture temporaire des points de vente pourrait entraîner une pénurie de poisson sur les marchés de Kankan, au grand désarroi des consommateurs.
Kankan, Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com
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