Un drame secoue le quartier de Fady, situé dans la commune urbaine de Labé. Une adolescente de 14 ans aurait été violée dans la nuit du jeudi 4 juin, aux alentours de 21 heures. L’affaire, révélée seulement ce samedi, a pris une tournure particulière : c’est le présumé auteur lui-même qui s’est vanté de son acte devant témoins, permettant l’intervention de la famille de la victime.
Selon les premiers éléments recueillis sur place, le jeune homme, identifié sous le prénom de Moumini et âgé de moins de 20 ans, aurait agressé la mineure alors qu’elle se rendait chez un voisin pour regarder la télévision. La mère de la victime, encore fragilisée par la maladie ce soir-là, avait autorisé sa fille à sortir, sans se douter du drame à venir.
« Elle m’a dit qu’elle partait regarder la télé en bas de chez nous. Je lui ai dit d’accord, de ne pas tarder. Elle n’a pas l’habitude de sortir », a confié la mère, encore sous le choc. Ce n’est que le lendemain soir, grâce à un témoignage indirect, que la famille a découvert l’horreur de la situation.
Le père de l’adolescente raconte la séquence des événements qui a conduit à l’interpellation. « C’est hier, aux environs de 23 heures, que mon garçon m’a mis au courant. Le jeune homme, après avoir violé ma fille, est venu se lamenter devant ses amis dans un temple, pour leur dire qu’il avait violé une fille. Mon fils a entendu cela et est venu nous le dire en famille », explique-t-il.
Immédiatement, le père alerte sa belle-mère, chez qui réside actuellement l’adolescente. Sur place, la famille du suspect tente une médiation, mais le jeune homme refuse dans un premier temps d’écouter les proches de la victime. « Il ne s’intéressait même pas à ce qu’on lui disait », déplore le père, qui décide alors de le conduire à l’escadron mobile de la gendarmerie de Labé. Transféré à la brigade de recherches, Moumini finit par avouer les faits après avoir catégoriquement nié.
L’état de santé de l’adolescente vient alourdir la charge émotionnelle de l’affaire. Sa mère décrit une enfant particulièrement fragile : « C’est ma première fille et elle est ‘maboule’. Elle ne sait rien dire de correct, même communiquer normalement avec quelqu’un est impossible. Elle ne sait même pas faire la différence si tu lui donnes de l’argent, juste pour vous dire combien elle est vulnérable. »
La mère ajoute que sa fille n’a rien révélé tout de suite, ni le soir du viol, ni le lendemain matin. Ce n’est qu’après l’alerte donnée par son frère qu’elle a pu raconter les faits, en désignant formellement son voisin comme l’auteur de l’abus.
Le père de la victime, soutenu par son épouse, en appelle aux autorités judiciaires. « Ma fille a 14 ans. Je demande que justice soit rendue dans cette affaire », a-t-il martelé.
Le suspect, désormais en garde à vue, devrait être déféré devant le parquet dans les prochains jours. L’enquête devra notamment déterminer les circonstances exactes du passage à l’acte, ainsi que le rôle éventuel du témoin présent dans le temple au moment des déclarations du jeune homme.
Cette affaire relance, une fois de plus, la question de la protection des mineurs en Guinée et de la vulnérabilité des jeunes filles dans les quartiers périphériques des grandes communes comme Labé.
Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com
