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Le préfet de Coyah poursuivi pour abus d’autorité : « Il a fait un écrit officiel pour interdire à une dame de revendre les légumes…» (source)

Vraisemblablement, l’étau se resserre autour du préfet de Coyah dont l’affaire vient d’atterrir au tribunal de première instance de sa préfecture. Le colonel Yaya Kalissa puisqu’il s’agit de lui, est cette fois-ci trimbalé en justice par Dame Fatoumata Keita, administratrice au marché de Km36 pour des faits d’abus d’autorité, menaces, violences et complicité. Des faits prévus et punis par les articles 282, 240, 19 et 20 du code pénal guinéen. Contactée par notre rédaction mercredi, 10 janvier 2024, une source judiciaire digne de foi, rapporte que le préfet aurait interdit à cette Dame de revendre autres choses que les poissons.

Aux dires de notre source, le préfet serait un récidiviste. Mais, c’est son dernier acte qui a irrité la partie civile dans cette affaire, qui a aussitôt saisi le parquet de Coyah pour que le Droit soit dit.

« Pratiquement, il y a une poursuite qui est engagée contre le préfet pour des faits d’abus d’autorité, mais aussi pour des faits de menaces, entrave au bon fonctionnement de la justice et injures. Il fait de son habitude les immixtions, c’est-à-dire que lorsque les officiers de police judiciaire sont saisis des soit transmis et des plaintes, des fois il s’interfère en demandant à ces gens-là d’arrêter des poursuites ou lui-même il demande aux officiers de police judiciaire d’arrêter quelqu’un sans aucun motif valable, sans aucune plainte préalable, sans informer le procureur, il fait de ça son habitude. Malgré qu’il a toujours été rappelé à l’ordre, il ne comprend pas. Si ce n’est pas tenir des propos offensants, outrageants à l’endroit des officiers de police judiciaire dans l’exercice de leurs fonctions, c’est de les injurier. Où on a vu un préfet qualifier un officier de police judiciaire de bâtard dans l’exercice de ses fonctions parce que ce dernier a dit qu’il reçoit des instructions du procureur en matière d’enquête. Ça l’a irrité et il a tenu des propos de ce genre. A part ça, il était poursuivi pour des faits d’abattage d’arbres. Un dossier qui a fini par être réglé à l’amiable. D’ailleurs, ce n’est même pas fini. Mais pour la bonne collaboration, des gens sont intervenus et le dossier est un peu en berne », nous-a-t-il confié d’entrée.

Selon notre source, le préfet de Coyah semble ne pas maîtriser ses prérogatives :

« Comme c’est un habitué des faits, il ne maîtrise pas son travail, ses prérogatives. Où sont ses limites ? Où il doit commencer ou s’arrêter ? Il n’a pas cette maîtrise, il s’implique dans les choses pêle-mêle alors que son rôle, c’est la police administrative et non la police judiciaire. Mais des fois, il peut requérir les forces de l’ordre d’aller interpeller les gens sans aucun écrit. Cette fois-ci, il est poursuivi par une dame qui avait eu des démêlés avec une autre à Dubréka et autres, où Alphonse Charles Wright (actuel ministre de la Justice, ndlr) à l’époque président du tribunal avait fini par condamner des gens. Cette dame, c’est une administratrice du marché et cela par une décision même de la commune. Comme c’est la commune qui gère les marchés, elle a eu vraiment la décision comme d’autres administratrices du marché. Mais le hic c’est où, le préfet dit que cette dame ne peut revendre que les poissons, que les légumes ne peuvent être revendus que par une catégorie de personnes. Est-ce que cette loi a existé, dire non c’est ce que tu vas revendre et non ça. Les gens revendent en fonction de la saison. La dame amène le poisson frais, elle revend. Quand la période des poissons passe c’est-à-dire quand ils seront en congé biologique, elle revend autres choses, c’est une marchande, elle va chercher autre chose pour toujours continuer ses activités pour faire rouler son fonds de commerce. Le préfet a fait un écrit officiel pour interdire à la dame de revendre les légumes et autres, si ce n’est le poison. Nous n’avons vu ça dans aucune législation. Partout où cette dame va pour s’installer, elle dépense, aménage, d’autres personnes viennent à travers le préfet l’enlever là-bas pour l’amener ailleurs. On l’a fait déplacer à plus de deux ou trois fois. Elle a vu maintenant que le préfet veut user de son autorité, de sa force pour l’empêcher de mener ses activités », martèle notre source avant de conclure :

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« Comme elle s’est vue dans une injustice totale avec des preuves à l’appui, parce qu’elle a des écrits du préfet, du maire, mais l’écrit qui est venu pour contester la décision du maire existe. Et c’est dans cette décision que le préfet dit noir sur blanc que cette dame n’est autorisée de revendre que du poisson. Mais les légumes, elle n’a aucun droit de revendre. Ce n’est pas une discrimination ? La dame s’est sentie discriminée et le préfet dit qu’il ne veut pas la voir là-bas et il ne veut plus qu’elle mène des activités par rapport à la vente des légumes, si ce n’est le poisson. Pratiquement, la dame a préféré porter plainte contre, et le préfet, certains complices et une dame qui serait l’une des administratrices du marché km 36 qu’il veut privilégier par rapport à cette dame, on ne sait pour quel motif. Lui seul a les raisons. Donc, la dame se sentant menacée dans ses activités, a tout fait pour régler la situation à l’amiable, elle paye ses impôts, tout ce que la commune et préfecture demandent, elle est à jour. Mais elle est inquiète aujourd’hui de voir que le préfet prend fait et cause pour une des administratrices du marché à son détriment, elle a préféré formuler une plainte et saisir la justice. A l’issue, il a été préférable de faire une citation directe pour que le préfet et les autres puissent comparaître pour non seulement abus d’autorité, menace, violence et complicité. Ils devraient comparaître ce jour, mais il s’est trouvé que comme ils ont vu qu’une poursuite est engagée contre le préfet, mais comme dans la citation il y a un temps qui est bien défini, le préfet a reçu à temps mais les deux autres personnes n’étaient pas encore retrouvées pour qu’on puisse les leur servir. C’est ce qui a fait que la date a été changée pour le mercredi à venir afin que ces trois personnes comparaissent en même temps. Mais ce qui est encore un peu paradoxal, ils sont en train de former des délégations pour aller vers cette dame à l’effet d’abandonner sa poursuite et également faire une lettre de désistement au parquet pour qu’il puisse sursoir à cette procédure. Mais ce qui est clair, le désistement de la partie n’éteint pas l’action publique. Reste à savoir si le parquet abandonnera cette pratique ou il pourra continuer », a laissé entendre notre source.

 

Affaire à suivre !

 

Mohamed Lamine Souaré et Mohamed Bah pour Siaminfos.com

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