La présentation du nouveau bureau de la Fédération patronale des associations professionnelles de presse de Guinée (FEPAP-GUI) à la Haute Autorité de la Communication (HAC), vendredi 30 octobre 2026, a donné lieu à des échanges autour des responsabilités des médias et des difficultés auxquelles ils sont confrontés. Entre appel à la rigueur journalistique et revendications économiques, les deux parties ont exposé leurs attentes pour l’avenir du paysage médiatique guinéen.
Conduite par son président, Amadou Tham Camara, la délégation de la FEPAP-GUI est venue présenter officiellement son organisation au président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo. Cette démarche a également permis au nouveau bureau de faire connaître ses priorités et de solliciter l’accompagnement de l’institution de régulation dans plusieurs domaines.
Parmi les préoccupations soulevées figure notamment l’amélioration des conditions d’exercice du métier. La fédération entend travailler à l’assainissement du secteur et à la finalisation de la convention collective, présentée comme un instrument important pour mieux encadrer les relations professionnelles et les conditions de travail dans les entreprises de presse.
Mais pour son président, ces ambitions ne pourront se concrétiser sans un modèle économique plus solide. Amadou Tham Camara a notamment attiré l’attention sur le niveau de la subvention publique destinée aux médias privés, dont l’enveloppe est fixée à trois milliards de francs guinéens depuis 2009. Il plaide pour sa revalorisation, tout en souhaitant un marché publicitaire plus favorable aux entreprises de presse.
« Notre responsabilité, c’est de travailler sur l’assainissement de la presse. Nous allons également travailler sur l’élaboration d’une convention collective qui est pratiquement finalisée. Ce que nous demandons en retour, c’est d’avoir les moyens financiers pour faire face aux engagements que nous allons prendre dans le cadre de cette convention », a expliqué le président de la FEPAP-GUI.
Il estime ainsi que la viabilité des entreprises médiatiques constitue une condition essentielle à l’amélioration de la situation des journalistes et au respect des engagements sociaux du secteur.
En réponse, le président de la HAC a assuré avoir pris connaissance des différentes préoccupations exprimées. Boubacar Yacine Diallo a indiqué que les recommandations seraient transmises aux autorités compétentes, tout en insistant sur la nécessité d’une presse qui assume pleinement sa mission d’information et de veille citoyenne.
« Si la presse fait son travail, je ne vois pas pourquoi le pouvoir ne va pas l’accompagner, sans contrepartie. La presse informe, mais c’est elle aussi qui dit ce qui ne va pas », a-t-il déclaré.
Le président de l’organe de régulation a toutefois rappelé que la liberté d’informer s’accompagne d’une exigence de vérification. Pour lui, les journalistes doivent disposer des compétences et des éléments nécessaires avant de porter des accusations ou de mettre en cause des personnes.
« Pour dire que quelqu’un a volé, il faut détenir des preuves, et non se baser sur ce qu’on entend dans un taxi », a-t-il insisté.
À travers ces échanges, deux préoccupations majeures se dégagent : la nécessité de renforcer les capacités économiques des entreprises de presse et celle de garantir une pratique du journalisme fondée sur la responsabilité, la vérification et le respect des règles professionnelles.
Pour la FEPAP-GUI, l’enjeu sera désormais de traduire ses engagements en actions concrètes, notamment sur la convention collective et l’assainissement du secteur. Du côté de la HAC, l’accompagnement annoncé reste lié à l’exercice d’un journalisme crédible et professionnel.
Dans un environnement médiatique en pleine mutation, marqué notamment par la concurrence des plateformes numériques, le dialogue entre le patronat de la presse et l’organe de régulation apparaît comme un passage important pour tenter de concilier viabilité économique des médias et qualité de l’information.
Hassane Diallo, pour Siaminfos.com
