OUAGADOUGOU -Le sujet était inévitable. En marge de la 9e édition des Rencontres Musicales Africaines (REMA), un Forum inédit sur l’Intelligence Artificielle a réuni ce jeudi 22 octobre à l’Hôtel Bravia, professionnels de la musique, étudiants et experts.
Thème du forum: « Réinventer la création, la visibilité et la valeur ». La question centrale: Comment tirer parti de l’IA dans la création musicale tout en préservant le droit des auteurs ?
Si l’IA offre de nouvelles possibilités – de la composition au mixage, mastering et promotion – elle soulève des interrogations majeures sur l’originalité, la propriété intellectuelle et la rémunération équitable.

Trois voix ont marqué les débats:
1. LUC MAYITOUKOU, Administrateur culturel – Consultant (Sénégal)
Spécialiste des industries culturelles et créatives, il voit l’IA comme un assistant, pas un remplaçant. Selon lui, elle peut améliorer le mixage et le mastering, surtout pour les artistes sans accès à de gros studios.
« Les artistes peuvent utiliser l’IA de plusieurs manières différentes, pour promouvoir, pour marketer leurs produits, mais aussi peut-être pour les améliorer », a-t-il souligné.
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Pour lui, il faut apprendre à utiliser ces outils dans le respect des droits, avec un cadre technique et réglementaire adapté. Le risque de plagiat est réel car les IA sont entraînées sur des œuvres existantes.
2. CHANTAL KABORÉ / FORGO, Secrétaire Générale du BBDA (Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur)
Elle a rappelé la ligne rouge juridique. Actuellement, une œuvre entièrement générée par une IA ne peut pas se voir attribuer un droit d’auteur.
« Des solutions techniques sont en cours d’élaboration afin de distinguer les créations humaines de celles générées par l’IA et de mesurer le degré d’intervention humaine », a-t-elle expliqué.
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Elle a insisté sur l’urgence de rémunérer les créateurs dont les œuvres servent à entraîner les systèmes d’IA. Le BBDA a d’ailleurs révisé son règlement pour imposer l’usage du code ISRC afin de tracer les œuvres en ligne et sécuriser les revenus.
3. YOUSSEF OUÉDRAOGO, Journaliste Culturel
En tant qu’observateur du secteur, il a posé la question de la structuration des données africaines. Pour lui, avant de vouloir créer une IA africaine, il faut cartographier nos langues, nos genres musicaux, nos instruments et nos cultures, afin que nos artistes ne soient pas invisibles dans les algorithmes mondiaux.

Un forum qui s’inscrit dans le thème général de cette 9e édition des REMA: « Followers: de passifs à actifs » – comment transformer les likes en économie réelle pour les artistes.
A16, pour siaminfos.com
Source: Forum IA REMA 2026, Burkina24


