Le Tribunal de première instance (TPI) de Labé a rendu son verdict ce mercredi dans l’affaire de la bastonnade d’une collégienne qui avait défrayé la chronique. Deux jeunes filles, Ramatoulaye Bah et Hadja Kadiatou Barry, toutes deux majeures, ont été condamnées à une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis et à une amende pour des faits de violences et d’atteinte à la dignité humaine via les réseaux sociaux.
L’audience publique de ce mercredi a marqué le second volet d’une affaire plus large impliquant neuf élèves. Alors que sept mineurs ont été jugés à huis clos par le tribunal pour enfants plus tôt dans la journée, c’est dans une salle d’audience bondée que Ramatoulaye Bah et Hadja Kadiatou Barry ont comparu pour la deuxième fois à la barre du tribunal correctionnel.
Les deux prévenues étaient poursuivies pour des faits de violences volontaires et, pour l’une d’elles, de mise à disposition d’images portant atteinte à la dignité humaine, en lien avec l’agression de la jeune Djeinabou Cellou Diallo.
À la barre, les deux jeunes filles ont reconnu une part de responsabilité tout en livrant leur version des faits. Ramatoulaye Bah, identifiée comme l’auteure principale des coups, a expliqué son geste par un accès de colère. « J’étais au travail, lorsque la nommée Adama Dian Bah m’a appelée pour m’informer que notre copine qui avait mal parlé de moi se trouvait aux sapins de Tata. À mon arrivée, je n’ai pas pu me maîtriser. Je me suis jetée sur Djeinabou Cellou pour la battre et les autres m’ont suivie », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter qu’une seconde altercation avait eu lieu au domicile de la victime. « Si j’avais su que cela allait dégénérer, je ne serais pas partie », a-t-elle plaidé.
Hadja Kadiatou Barry, quant à elle, a contesté toute participation physique aux violences. Selon ses dires, le conflit trouve son origine dans des messages vocaux diffamatoires circulant sur WhatsApp. « Nous avons décidé d’aller aux sapins pour lui faire écouter les vocaux, sans intention de la frapper. C’est à l’arrivée de Ramatoulaye que la bagarre a éclaté », a-t-elle affirmé. Si elle admet avoir filmé la scène, elle a formellement nié avoir publié la vidéo. « J’ai seulement filmé dans la maison, mais je n’ai rien publié », a-t-elle soutenu.
À l’issue des débats, le ministère public a requis une peine exemplaire. Dans ses réquisitions, le procureur de la République a demandé au tribunal de reconnaître Ramatoulaye Bah coupable de violences volontaires. Concernant Hadja Kadiatou Barry, il a sollicité la requalification des faits pour y inclure la mise à disposition d’images portant atteinte à la dignité humaine, invoquant les dispositions du code pénal et de la loi sur la cybersécurité. Pour les deux prévenues, le parquet a requis une peine d’un an d’emprisonnement assorti d’un sursis.
Délibérant après une courte suspension d’audience, le président du tribunal, Forè Camara, a rendu un verdict conforme aux réquisitions du parquet.
Le jugement a déclaré :
·Ramatoulaye Bah coupable de violences ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de zéro jour, selon le rapport médico-légal du 6 février 2026.
· Hadja Kadiatou Barry coupable de violences et de mise à disposition de données de nature à porter atteinte à la dignité humaine par le biais d’un système informatique.
Pour la répression, le tribunal les a condamnées chacune à un (1) an d’emprisonnement avec sursis et à une amende ferme d’un million gnf. Le président a également ordonné la suppression de la vidéo montrant la victime.
Il a par ailleurs été pris acte que la victime, Djenabou Cellou Diallo, n’a pas formulé de demande au titre de ses intérêts civils (dommages et intérêts).
Conformément à la loi, les parties disposent d’un délai de 15 jours francs pour faire appel de cette décision.
Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com
