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Assemblée nationale : les femmes sont-elles prêtes pour le perchoir ?

Pendant longtemps, les plus hautes responsabilités institutionnelles en Afrique de l’Ouest ont été largement dominées par les hommes. Si les femmes ont progressivement gagné en visibilité dans les gouvernements, les administrations publiques et certaines fonctions électives, leur accès aux postes les plus stratégiques demeure encore un défi dans de nombreux pays.

La Guinée n’échappe pas à cette réalité. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années en matière de représentation féminine, les grandes institutions de la République continuent d’être majoritairement dirigées par des hommes. Pourtant, les évolutions observées dans la vie publique nationale invitent désormais à poser une question qui semblait encore marginale il y a quelques années : les femmes sont-elles aujourd’hui prêtes à accéder à la présidence de l’Assemblée nationale ?

Pour certains observateurs, la question n’est plus celle de la capacité des femmes à exercer cette responsabilité. Elle est plutôt celle des conditions politiques et institutionnelles qui permettraient à une candidature féminine d’émerger et de s’imposer dans la compétition.

L’histoire récente de la Guinée montre en effet que les femmes ont progressivement investi des espaces autrefois considérés comme exclusivement masculins.

Ministres, directrices générales, responsables d’institutions, diplomates ou élues, elles occupent aujourd’hui des fonctions qui témoignent de leur capacité à gérer des dossiers complexes et à assumer des responsabilités de premier plan.

Cette évolution traduit une transformation plus profonde de la société guinéenne. Les critères de compétence, d’expérience et de leadership tendent progressivement à prendre davantage d’importance que les considérations liées au genre dans l’appréciation des profils appelés à exercer des responsabilités publiques.

Dans ce contexte, la future Assemblée nationale pourrait constituer un terrain d’expression particulièrement symbolique de cette évolution.

Le perchoir représente en effet bien plus qu’une simple fonction administrative. Il incarne une autorité institutionnelle, une capacité à conduire les débats parlementaires et une aptitude à garantir le bon fonctionnement de l’une des principales institutions de la République.

Historiquement occupée par des hommes, cette fonction apparaît aujourd’hui comme l’un des symboles des progrès encore à accomplir en matière de représentation féminine.

La montée en puissance de plusieurs personnalités féminines contribue à nourrir cette réflexion. Des femmes comme Makalé Camara et Makalé Traoré ont marqué la vie publique nationale à travers leurs responsabilités gouvernementales et leur engagement dans la gestion des affaires de l’État. Leurs parcours démontrent que les femmes disposent des compétences et de l’expérience nécessaires pour prétendre aux plus hautes fonctions.

Mais au-delà des figures déjà établies, une nouvelle génération de responsables publiques semble également émerger. Cette génération présente la particularité d’avoir évolué à la fois dans le secteur privé, l’administration publique et les institutions nationales, apportant ainsi une diversité d’expériences qui enrichit le paysage du leadership féminin guinéen.

Parmi ces profils figure Charlotte Daffé.
Son parcours illustre l’évolution progressive de la place des femmes dans les sphères de décision. Après une longue carrière dans le secteur privé, où elle accède à des responsabilités gouvernementales avant de poursuivre son engagement à la Présidence de la République puis à l’Assemblée nationale.

Cette trajectoire lui permet de réunir plusieurs dimensions souvent recherchées dans l’exercice des hautes fonctions institutionnelles : expérience de gestion, connaissance des politiques publiques, proximité avec les réalités sociales et compréhension des mécanismes de l’État.

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Son passage au ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables lui confère également une place particulière dans les débats relatifs à l’autonomisation des femmes et à leur participation à la vie publique. Pour de nombreuses Guinéennes, son parcours constitue l’exemple d’une progression fondée sur le travail, la compétence et la capacité à assumer des responsabilités croissantes.

Toutefois, la question du leadership féminin dépasse largement les trajectoires individuelles. Elle renvoie à un enjeu plus global : celui de la représentation des femmes dans les espaces où se prennent les décisions qui engagent l’avenir du pays.

Dans de nombreuses démocraties, la présence accrue des femmes dans les institutions est désormais considérée comme un facteur d’enrichissement du débat public. La diversité des parcours, des expériences et des sensibilités contribue souvent à une meilleure prise en compte des préoccupations de l’ensemble de la société.

La Guinée semble aujourd’hui engagée dans cette dynamique. Les discours en faveur de la promotion des femmes se multiplient, tandis que leur présence dans les administrations et les institutions se renforce progressivement.

Cette évolution est d’autant plus significative qu’elle intervient dans un contexte où les autorités ont régulièrement affirmé leur volonté de promouvoir davantage les femmes et les jeunes dans les sphères de décision. Une orientation qui nourrit naturellement les réflexions sur la composition des futures institutions.

Dès lors, l’éventualité de voir une femme accéder à la présidence de l’Assemblée nationale ne relève plus d’un simple exercice théorique. Elle s’inscrit désormais dans le champ des possibilités réelles ouvertes par les transformations en cours de la vie publique guinéenne.

Naturellement, plusieurs critères continueront de peser dans le choix des futurs responsables institutionnels : expérience, capacité de rassemblement, légitimité politique, connaissance des institutions et aptitude à conduire les réformes. Mais aucun de ces critères n’est aujourd’hui incompatible avec un leadership féminin.

La véritable nouveauté réside peut-être là. Pendant longtemps, le débat portait sur la capacité des femmes à accéder aux responsabilités. Désormais, la question semble évoluer vers un autre niveau : parmi les femmes dont les parcours inspirent respect et crédibilité, lesquelles sont les mieux placées pour exercer les plus hautes fonctions de l’État ?

À cette interrogation, plusieurs réponses peuvent naturellement être apportées. Mais une chose apparaît de plus en plus clairement : les femmes ne sont plus des actrices périphériques de la vie institutionnelle guinéenne. Elles en sont désormais des protagonistes à part entière.

Et si la future Assemblée nationale devait marquer une nouvelle étape dans cette évolution, l’accession d’une femme au perchoir apparaîtrait moins comme une rupture que comme l’aboutissement logique d’un processus de progression engagé depuis plusieurs années.

Dans cette perspective, les parcours de femmes comme Makalé Camara, Makalé Traoré ou Charlotte Daffé témoignent d’une réalité désormais difficile à ignorer : le leadership féminin n’est plus une promesse pour demain, mais une composante de plus en plus visible de la Guinée d’aujourd’hui.

Amadou Gac

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