Makanera Kaké :« Cette dissolution de partis politiques doit être fêtée, remerciée, saluée et félicitée »
Il fait les choses à sa manière. Contrairement à de nombreux observateurs politiques et à certains juristes du pays qui estiment que la décision du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) de dissoudre 40 partis politiques constitue une violation de la loi, Alhousseny Makanera Kaké prend tout le monde à contre-pied. Cet autre acteur de la vie politique guinéenne déclare, sans ambages, que cette décision doit être « fêtée, saluée et félicitée ».
Depuis vendredi 6 mars dernier, le débat politique guinéen est dominé par la dissolution d’une quarantaine de partis politiques. Parmi eux figurent les plus représentatifs de la dernière décennie, notamment l’UFDG, le RPG Arc-en-ciel et l’UFR. Alors que la toile s’enflamme pour dénoncer une décision visant à programmer la mise à mort de toutes les voix dissonantes en Guinée, Alhousseny Makanera Kaké propose une autre lecture de la situation. Selon lui, le MATD a toutes les raisons, notamment sur le plan juridique, de dissoudre ces partis.
« Si je prends le cadre légal, d’ailleurs je persiste et je signe, aucun des partis politiques dissous ne peut prétendre avoir respecté la loi organique de 1991 et la loi organique de 2025 fixant le régime des partis politiques en République de Guinée », a-t-il déclaré.
Pour étayer sa thèse, ce soutien du GMD tente de faire une analyse du cadre légal, en se conformant à la loi de 1991 portant régime des partis politiques et autres organisations à caractère politique.
« Il est clair dans cette loi que les partis politiques sont des associations qui doivent fonctionner sur la base des cotisations. Aucun parti politique ne doit recevoir de dons et de legs au-delà de 20 % de son patrimoine. Et avant de recevoir un don, il faudrait que cela soit accepté après l’information préalable du ministère de l’Administration du Territoire. Aujourd’hui, vous avez des partis politiques qui n’ont même pas un patrimoine de 50 000 francs, mais qui ont des sièges valant des milliards et qui financent des campagnes avec des milliards. Aucun de ces partis politiques n’organise régulièrement et conformément à ses statuts, leurs congrès. Même ceux qui ont tenté de faire semblant d’organiser le congrès… Au niveau des discours, ce sont des discours de sédition. On demande à l’armée de prendre le pouvoir, on demande à la population de ne pas obéir à l’ordre établi, de ne pas respecter la loi. Et surtout, la caractéristique principale de ces discours, c’est l’ethnocentrisme, ce qui a fini par détruire le tissu social. C’est pourquoi je dis, en toute honnêteté, que l’administration a été tolérante. Tout ce que je viens d’évoquer ici entraîne la dissolution du parti politique », a-t-il renchéri.
Alhousseny Makanera Kaké va plus loin en soutenant même que cette décision de dissolution devrait être accompagnée par la poursuite de ces partis en justice. Car, dit-il, « ce sont des faits prévus et punis par le Code pénal ».
Autre raison évoquée par l’ancien président du FND pour justifier cette décision : le volet social. Selon lui, aucun des partis politiques dissous ne respecte son cahier des charges à cet égard.
« Si nous prenons le volet social : si le parti politique a été créé pour permettre aux Guinéens de se rassembler, pour être un atout pour le développement et le vivre-ensemble, si après trente ans les partis ont contribué à élargir le fossé entre les ethnies en Guinée, leur dissolution doit être fêtée. Cette dissolution doit être souhaitée, fêtée, remerciée, saluée et félicitée », a-t-il laissé entendre.
Pour terminer, Alhousseny Makanera Kaké demande aux Guinéens de ne pas céder à l’émotion.
Cheick Fantamadi pour Siaminfos.com
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