Sélectionné pour vous :  Kindia : les travaux de construction de la clôture du camp Kèmè Bouréma lancés, 92 ans après sa création

Mali : La justice de paix interdit aux mineurs la conduite des engins roulants

Face à l’anarchie observée sur les routes de la préfecture de Mali, le juge de paix, Amadou Oury Barry, a pris une décision ferme : les mineurs n’ont plus le droit de conduire véhicules ou motos. Une mesure rendue publique le mercredi 15 avril 2026, après une large concertation avec les acteurs locaux.

L’initiative fait suite à un constat alarmant posé par les autorités judiciaires dès l’arrivée du juge dans la localité. « Quand je suis venu à Mali, j’ai vu presque tous les mineurs conduire des motos », a confié Amadou Oury Barry au téléphone, ce vendredi 17 avril 2026.

Pour justifier sa décision, le magistrat s’appuie sur le code de la route, aussi méconnu soit-il sur le terrain. « Le code est clair : pour conduire une moto comme pour un véhicule, il faut être majeur et titulaire d’un permis. » Il déplore également l’absence d’immatriculation pour la plupart des deux-roues.

Mais le déclic est venu d’un autre phénomène, particulièrement dangereux. « Il y a des élèves de l’école primaire qui sortent des classes et prennent plus de cinq personnes derrière leur moto. Certains n’ont même pas 12 ans », s’indigne le juge. À cela s’ajoute l’état des routes : « Quand une préfecture est bitumée, les gens filent à vive allure. Je me suis dit que si je commençais par réprimer d’emblée, il pourrait y avoir un soulèvement. »

Plutôt que d’appliquer brutalement la loi, la justice de paix a choisi la voie de la prévention. Mercredi dernier, policiers routiers, gendarmes, syndicats de motos et transporteurs ont été réunis. Objectif : vulgariser le code de la route. « Nul n’est censé ignorer la loi, mais en Guinée, cet adage ne peut s’appliquer car les lois sont difficilement vulgarisées. J’ai donc photocopié le code et l’ai mis à leur disposition », explique Amadou Oury Barry.

Sélectionné pour vous :  Alpha Condé accusé de tentative de coup d’Etat en Guinée: cette réaction au goût âpre du RPG Arc-en-ciel 

Ensemble, les participants ont passé en revue les infractions : surcharges interdites, âge et permis requis, stationnement anarchique prohibé, port du casque obligatoire. « Ils ont compris », assure le juge.

Désormais, la balle est dans le camp des forces de l’ordre et des usagers. La décision est en vigueur. Reste à savoir si, sur les routes bitumées de Mali, la prudence et le respect du code remplaceront l’habitude.

Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com

Laisser une réponse
Share to...