Une vive tension a secoué la ville de Kankan dans la soirée de ce vendredi, notamment entre le quartier Dar-Es-Salam, après le décès d’un jeune homme dans des circonstances impliquant des agents des forces de sécurité. Selon plusieurs témoins rencontrés sur place, la victime aurait été percutée au cours d’une course-poursuite avec des policiers.
L’annonce du drame a rapidement provoqué la colère de nombreux jeunes, qui sont descendus dans les rues pour exprimer leur indignation. Des affrontements ont alors éclaté entre manifestants et forces de l’ordre, avec des jets de pierres d’un côté et des tirs de gaz lacrymogènes de l’autre. La circulation a été perturbée pendant plusieurs heures dans certains secteurs de la ville.
D’après les informations recueillies par notre correspondant, le jeune homme aurait succombé à ses blessures peu après avoir été renversé. Son corps a été transporté à l’hôpital régional de Kankan.
Sur place, plusieurs habitants accusent directement des policiers d’être à l’origine du drame. Alpha Touré, témoin de la scène, dénonce une intervention qu’il juge disproportionnée « Même si la victime avait commis une faute, il fallait l’arrêter, pas le renverser avec un véhicule. Aujourd’hui, les populations sont à bout face à certaines pratiques policières. Ce genre d’acte ne doit plus se reproduire », a-t-il déclaré avec émotion.
Le témoin affirme également que des tensions récurrentes existent entre certains jeunes de la ville et les forces de sécurité. Selon lui, plusieurs citoyens dénoncent régulièrement des abus lors des contrôles et interpellations.
Le chef du quartier Dar-Es-Salam, Francedi Camara, confirme avoir dû intervenir pour calmer les jeunes en colère afin d’éviter une aggravation de la situation « Quand j’ai appris ce qui s’était passé, j’ai immédiatement demandé aux jeunes de garder leur calme et de laisser les autorités compétentes faire leur travail. Il ne faut pas céder à la violence ni chercher à se faire justice soi-même », a-t-il expliqué.
Il précise que les faits se sont produits non loin du commissariat de police situé au rond-point Missiran, ajoutant que les responsables locaux ont commencé à remonter les informations vers les autorités administratives et judiciaires.
Dans le but d’obtenir la version officielle des faits, notre rédaction a contacté par téléphone, le commissaire central a simplement indiqué qu’une concertation était en cours avec sa hiérarchie au sujet de cette affaire et qu’aucune communication officielle ne pouvait être faite pour le moment.
Alors que le calme restait précaire dans certains quartiers de la ville, plusieurs habitants appellent désormais à l’ouverture d’une enquête afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ce décès.
Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com
