Un violent affrontement a opposé, ce lundi 1er juin 2026, des habitants de Wassa (sous-préfecture de Niantanina) et ceux de Dalakan (sous-préfecture de Morodou) dans la préfecture de Mandiana. Cinq blessés ont été recensés du côté de Wassa suite à cet incident lié à un vieux litige foncier opposant les deux communautés.
Selon les témoignages recueillis, les faits se sont déroulés dans une zone agricole disputée depuis plusieurs années. Des habitants de Wassa, occupés à désherber leurs champs, ont été surpris par un groupe venu de Dalakan qui a tenté de planter des anacardiers (noix de cajou) sur des parcelles qu’ils exploitent déjà.
Salian Diakité, l’une des victimes, témoigne :
« Nous sommes partis le matin pour désherber. Des habitants de Dalakan sont venus et ont commencé à semer des noix de cajou là où nous avions déjà semé les nôtres. Quand nous nous sommes opposés, ils ont commencé à nous lancer des pierres. J’ai reçu des pierres au dos et à la tête, ce qui m’a blessé à la nuque. Je suis actuellement sous traitement au centre de santé. Il faut que les autorités interviennent pour nous sortir de cette situation qui n’arrange personne. »
Djoumè Diakité, également blessé, raconte :
« C’est aux environs de 14 heures qu’ils sont venus nous agresser avec des cailloux après avoir semé sur notre terre. J’ai été touché au cou, au bras et à l’épaule. Ce conflit persiste parce que les autorités n’ont jamais tranché définitivement pour attribuer la terre aux véritables propriétaires. »
**Kelèfa Diakité**, père des victimes, accuse nommément un certain Amadou d’avoir dirigé l’attaque :
« C’est Amadou qui a emmené des gens pour agresser mes enfants dans mon champ. Quand je suis arrivé pour prendre des photos des trous qu’ils avaient creusés, ils m’ont jeté à terre, m’ont pris mes deux téléphones et ont continué à lancer des pierres. Ils étaient une trentaine. Ils ont également endommagé la moto d’un de mes fils avec de grosses pierres. »
Il ajoute que le présumé meneur aurait revendiqué une protection influente :
« Amadou m’a dit d’aller me plaindre où je veux, qu’il avait quelqu’un sur qui compter. Il a cité le nom de Malick. Nous ne savons pas s’il s’agit du Général Malick Diakité, chef d’état-major adjoint de l’armée de terre, originaire de Dalakan. Ce n’est pas la première fois qu’ils nous agressent. Nos sages nous demandent toujours de ne pas répliquer. Aujourd’hui, c’est à la justice de faire son travail pour mettre fin à ce conflit. »
À l’heure actuelle, aucune réaction officielle des autorités administratives ou sécuritaires de Mandiana n’a été enregistrée. Les circonstances exactes de l’incident et les responsabilités restent à déterminer.
Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com
