Kankan, le district de Banko demande de l’aide après trois violentes tempêtes: « Nous avons les bras tendus »
C’est un cri de détresse qui monte depuis cette localité isolée à 60 kilomètres de Kankan, dans la sous-préfecture de Moribaya. En quelques mois, trois tempêtes successives ont ravagé le district de Banko. La dernière, violente, a frappé vendredi 15 mai 2026. Bilan : des dizaines de maisons rasées, une école exsangue, des hectares de plantations anéantis. Et une question lancinante : pourquoi personne ne vient ?
« Nous avons fait des démarches, publié des alertes, mais aucune aide », lâche Naby Laye Moussa Traoré, directeur de l’école locale, la lassitude dans la voix.
Vendredi, les vents ont tout emporté sur leur passage : toitures, arbres centenaires, et jusqu’aux espoirs les plus solides. Des constructions en dur, pourtant bâties à grand renfort de ciment, se sont effondrées. Oumar Traoré, président du district, en est la preuve vivante : « Ma propre maison, où j’ai investi plus de 200 sacs de ciment, est tombée. » Un témoignage cru qui résume la tragédie d’une communauté à genoux.
L’heure est au déblaiement. Des acajous, plus de 20 hectares ont été rasés. Des arbres déracinés, projetés à près d’une centaine de mètres, obstruent encore certains axes. « Les jeunes se sont mobilisés pour dégager les routes, faute de mieux », explique le président, désarmé.
L’école, elle, ne tenait déjà qu’à un fil depuis novembre 2025. Cinquante-quatre élèves de première, troisième et cinquième années continuent tant bien que mal d’apprendre sous des tôles arrachées, dans deux salles sommairement recouvertes. Le dernier passage de la tempête a achevé le logement du directeur, détruit du matériel scolaire, brisé des bancs et souillé des documents administratifs. « Les cours se poursuivent quand même », précise-t-il. Par défi. Par nécessité.
Ce qui révolte les habitants de Banko, ce n’est pourtant pas seulement la violence des intempéries. C’est l’indifférence qui lui répond. « Nous avons les bras tendus », répète Oumar Traoré. La formule est simple. Le désespoir, lui, ne l’est pas.
Aucun mort à déplorer. Une maigre consolation. Mais un district entier aborde l’hivernage à terre : sans abri solide, sans école digne, sans filet de secours. Banko appelle. À Kankan, à Conakry, ailleurs. En attendant, le vent n’a pas fini de souffler sur les cendres.
Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com
