Labé : la fermeture du parc à bétail de Thiaguel Bory provoque une pénurie, finalement résolue par un compromis fiscal
Depuis le début du mois d’août, la préfecture de Labé est confrontée à une crise d’approvisionnement en viande. La fermeture inopinée du parc à bétail de Thiaguel Bory, situé dans la préfecture voisine de Lélouma, a paralysé le marché hebdomadaire du dimanche 2 août et plongé les bouchers locaux dans l’incertitude. À l’origine de cette situation : une hausse unilatérale de la taxe de stationnement, vivement contestée par les vendeurs de bétail.
Dès le 1er août, une décision municipale portant augmentation de la taxe de stationnement de 10 000 à 20 000 francs guinéens par tête a été affichée sans explication préalable sur le site du parc. « Le représentant de la commune est parti afficher le document sans rien dire aux éleveurs et commerçants. C’est cette absence de dialogue qui a créé la confusion », a confié Amadou Tidiane Bah, conseiller communal de Thiaguel Bory, joint par téléphone ce lundi.
Face à cette hausse brutale, les vendeurs de bétail se sont organisés pour protester, dénonçant une décision « unilatérale et non concertée ». Leur mouvement a eu un effet domino immédiat : les bouchers de Labé, privés de bêtes, ont dû suspendre toute vente de viande. Boubacar Kanté, président des bouchers de Labé, témoigne : « Depuis samedi jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas vendu un seul kilo de viande. Un responsable du parc nous a demandé de ne pas nous rendre à Thiaguel Bory en attendant une solution. »
La tension est retombée dans la journée de dimanche, après des échanges directs entre le maire et les représentants des vendeurs. Un accord a été trouvé : la taxe de stationnement est désormais fixée à 15 000 francs guinéens par vache, soit une augmentation modérée de 5 000 francs par rapport à l’ancien tarif, mais bien en deçà des 20 000 initialement exigés. « Le maire a entendu les arguments des éleveurs. Nous sommes parvenus à un compromis acceptable pour tous », a précisé l’élu local.
Si la reprise des activités est attendue dans les prochains jours, cette crise éclaire les fragilités d’une filière dépendante d’un seul point d’approvisionnement. Elle rappelle surtout que, dans les régions rurales, la fixation des taxes locales ne saurait se faire sans une concertation transparente avec les acteurs économiques, sous peine de provoquer des ruptures d’approvisionnement aux conséquences sociales lourdes.
Les bouchers de Labé espèrent désormais pouvoir se réapprovisionner dès ce mardi, tandis que les autorités communales promettent de mieux associer les professionnels à toute future révision fiscale.
Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com
