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Siguiri: l’orpaillage clandestin vire à la crise diplomatique entre Conakry, Ouagadougou et Bamako (Analyse)

Analyse …
Depuis le 2 novembre 2026, la fermeture des sites d’orpaillage clandestin à Siguiri provoque un exode massif de milliers de travailleurs étrangers, majoritairement burkinabè. Conakry parle de protection de l’environnement, Ouagadougou dénonce une expulsion massive. La crise s’installe.

Conakry / Bamako, 6 novembre 2026 – Ce qui devait être une opération de sécurisation des sites miniers est devenu, en quatre jours, l’un des plus graves différends diplomatiques en Afrique de l’Ouest ces derniers mois.

Depuis le 2 novembre 2026, les autorités guinéennes ont lancé une vaste opération pour mettre fin à l’orpaillage illégal dans la région de Siguiri, en Haute-Guinée. Dans un communiqué conjoint signé par cinq ministères, Conakry présente cette mesure comme une réponse à l’exploitation anarchique des ressources aurifères, à la pollution du fleuve Niger et de ses affluents, et à la dégradation des terres et des ressources en eau.

Pour faire appliquer l’interdiction, le dispositif sécuritaire a été renforcé: contrôles d’identité, vérification de la régularité du séjour, fermeture des sites clandestins.

Des milliers de personnes sur les routes

Résultat: des milliers de travailleurs étrangers, majoritairement burkinabè, mais aussi maliens, togolais, ghanéens et d’autres nationalités, ont quitté la région aurifère de Siguiri. Beaucoup se sont réfugiés au Mali.

Selon les autorités maliennes, plus de 40 000 personnes ont été recensées dans la zone frontalière de Kourémalé. L’Agence malienne de presse fait état d’au moins quatre décès signalés et d’une centaine de personnes malades ou blessées prises en charge. Les chiffres restent provisoires.

À Bamako, le réveil du mercredi 4 novembre a été brutal: les grandes avenues de la capitale ont été envahies par des milliers d’orpailleurs fraîchement expulsés, après avoir passé la nuit sur la route reliant Kourémalé au Monument de la Paix.

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Ouagadougou dénonce une expulsion, Conakry assume

À Bamako, en déplacement pour rencontrer ses compatriotes, le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a vivement critiqué les méthodes employées par les autorités guinéennes.

Pour Ouagadougou, ces départs ne relèvent pas d’un simple contrôle administratif. Le gouvernement burkinabè considère qu’il s’agit d’une expulsion massive de ses citoyens, dont beaucoup vivaient de l’exploitation artisanale de l’or. La mobilisation de bus venus du Burkina Faso à Bamako, dès le jeudi 5 novembre, traduit la volonté d’organiser leur retour.

De son côté, Conakry assume. Jeudi 5 novembre, devant les diplomates accrédités en Guinée, le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a défendu la fermeté de la Guinée: « Nous n’accepterons jamais que la Guinée soit détruite. » Il a rappelé que la mesure avait été annoncée le 2 novembre et que les personnes interpellées avaient été libérées et remises à leurs représentations diplomatiques, sur instruction du Président Mamadi Doumbouya.

Une crise qui dépasse Siguiri

Au-delà du différend entre Conakry et Ouagadougou, cette affaire révèle toute la difficulté de gérer l’or artisanal en Afrique de l’Ouest. L’exploitation de l’or fait vivre des milliers de familles, mais son développement incontrôlé entraîne des dégâts environnementaux et favorise les tensions autour des ressources naturelles.

La question qui reste posée est désormais celle de la conciliation entre la souveraineté de la Guinée, le respect des droits des travailleurs étrangers et la protection de l’environnement.

Par A16, pour Siaminfos.com

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