Sélectionné pour vous :  Kaba Diawara et ses ambitions : "J'aimerais bien être à la tête de l'équipe qui amène la Guinée en coupe du monde"

Mali: Assimi Goïta en tournée à Niamey et Ouagadougou, l’AES veut passer de l’alliance militaire à la confédération politique

En 24 heures, le Président de la Transition malienne a rencontré ses homologues du Niger et du Burkina Faso. Objectif affiché: intensifier la lutte contre le terrorisme, mais surtout donner une consistance politique, diplomatique et économique à la Confédération des États du Sahel (AES).

Bamako, 6 novembre 2026 – C’est une tournée éclair, mais hautement symbolique.

Jeudi 5 novembre 2026, le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition malienne, a effectué deux étapes diplomatiques: à Niamey, au Niger, puis à Ouagadougou, au Burkina Faso.

À son retour à Bamako dans la soirée du 5 novembre, il a été accueilli à l’aéroport international Président Modibo-Keïta par le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, le Président du Conseil national de Transition (CNT) et plusieurs membres du Gouvernement.

À Niamey: « Éradiquer le terrorisme »

À Niamey, à l’invitation du Général d’Armée Abdourahamane Tiani, les deux chefs d’État ont d’abord échangé en tête-à-tête, puis en présence des deux délégations.

Selon le communiqué conjoint publié à l’issue des discussions, ils ont salué les résultats attribués à la Force unifiée de l’AES dans la lutte contre le terrorisme. Ils ont réaffirmé leur détermination à poursuivre les opérations jusqu’à « l’éradication » de cette menace, sous toutes ses formes, et condamné les « vaines tentatives de déstabilisation » des pays de la Confédération par des mercenaires et leurs sponsors étatiques étrangers.

Mais au-delà du militaire, Goïta et Tiani entendent donner davantage de consistance à l’intégration sahélienne. La libre circulation des personnes et des marchandises, les infrastructures de transport, l’agro-industrie, ainsi que la valorisation des ressources minières et énergétiques figurent parmi les priorités évoquées.

Ils ont également salué la coordination diplomatique de l’AES, qu’ils considèrent comme un levier de renforcement de son influence sur les scènes régionale et internationale.

À l’issue de la rencontre, Assimi Goïta a invité son homologue nigérien à effectuer une visite officielle au Mali. Abdourahamane Tiani a accepté, la date sera fixée par voie diplomatique.

Sélectionné pour vous :  Sanctions de la CEDEAO contre le Niger: "Mais, ils vont sanctionner qui ?", S'interroge Dr Abdoulaye Diallo

À Ouagadougou: l’axe Bamako-Ouagadougou consolidé

En début de soirée, à Ouagadougou, le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso et Président en exercice de la Confédération AES, a accueilli personnellement son homologue au bas de la passerelle.

Les deux chefs d’État se sont retirés pour un tête-à-tête au salon d’honneur de l’aéroport international de Ouagadougou. Les discussions ont porté prioritairement sur la situation sécuritaire, la lutte contre le terrorisme, le développement, l’intégration africaine et l’actualité internationale.

Le message envoyé depuis Ouagadougou est clair: l’axe Bamako-Ouagadougou, consolidé par l’engagement de Niamey, constitue la colonne vertébrale d’une Afrique résolument engagée dans la reconquête de son destin, de sa dignité et de sa souveraineté intégrale.

Une AES qui veut exister politiquement

Cette tournée intervient alors que le Mali, le Niger et le Burkina Faso cherchent à consolider leur cadre de coopération au sein de l’AES, notamment dans les domaines politique, sécuritaire, diplomatique et économique.

Anciennes colonies françaises et tous dirigés par des régimes militaires, les trois pays font face, depuis plusieurs années, au terrorisme. Ils ont créé l’AES, dotée d’une force composée d’environ 5 000 hommes, afin de mener une lutte commune. Ils se sont retirés de la CEDEAO, qu’ils accusent d’être à la solde de certaines puissances étrangères, dont la France.

Le défi désormais: transformer cette alliance de défense en une véritable communauté de prospérité partagée, avec libre circulation, projets d’infrastructures communs et voix diplomatique unique.

À Bamako, le Conseil des ministres de ce vendredi 6 novembre 2026, présidé par Goïta au Palais de Koulouba, a d’ailleurs adopté un décret ouvrant 125 milliards de FCFA de crédits supplémentaires dans le budget 2026, notamment pour la construction d’hôpitaux et d’autres projets structurants.

L’AES n’est plus seulement un slogan. C’est un chantier institutionnel en marche.
A16, pour Siaminfos. Com

Laisser une réponse
Share to...