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Viol collectif à Mandiana : Moussa Condé condamné à 15 ans de prison ferme et au paiement d’une amende de…

Le tribunal de première instance (TPI) de Mandiana a condamné, ce jeudi 30 juillet, Moussa Condé à 15 ans de réclusion criminelle et à une amende de 700 millions de francs guinéens, dans l’affaire du présumé viol collectif de Djoma-Balandougou.

Statuant publiquement, contradictoirement, en matière criminelle et en premier ressort, le tribunal a déclaré Moussa Condé coupable de viol et d’enregistrement d’une représentation à caractère de pornographie infantile par le biais d’un système informatique. Outre la peine de prison et l’amende, la juridiction l’a condamné aux frais et dépens envers l’État.

Sur l’action civile, le tribunal a constaté le désistement de la victime, FC, représentée par son père adoptif Siaka Kéïta, conformément à un acte daté du 6 mai 2026 et enregistré au greffe du cabinet d’instruction le 7 mai 2026.

Cette décision s’appuie notamment sur les articles 268 et 294 du Code pénal, les articles 21 et 22 de la loi n°037 relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel, ainsi que les articles 496 et 548 du Code de procédure pénale.

La défense annonce un appel

À l’issue du prononcé, l’avocat de la défense, Me Ibrahima Kalil Kanté, a estimé que le tribunal avait tenu compte de sa plaidoirie en ne suivant pas les réquisitions du ministère public, qui avait sollicité 20 ans de réclusion criminelle. « Je crois que le tribunal est parti sur ma plaidoirie, parce que j’avais demandé qu’on ait pitié de mon client. La loi prévoit une peine de 10 à 20 ans. Le procureur avait requis 20 ans et j’ai demandé qu’il bénéficie des circonstances atténuantes. Les 15 ans prononcés montrent que le tribunal a pris cela en compte », a-t-il déclaré.

Tout en reconnaissant que la décision est moins lourde que celle demandée par le parquet, l’avocat a annoncé qu’il interjetterait appel : « Je voulais obtenir davantage. Je vais relever appel. Devant la Cour d’appel, nous espérons encore une réduction de la peine. Si elle pouvait être ramenée à 10 ans, ce serait une bonne décision pour mon client », a-t-il ajouté.

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Le parquet se dit satisfait

De son côté, le procureur de la République près le TPI de Mandiana, Abdoulaye Soumah, s’est déclaré satisfait de la décision, même si le tribunal n’a pas entièrement suivi les réquisitions du ministère public : « Nous sommes satisfaits de cette décision. Certes, nous avions requis 20 ans de réclusion criminelle, mais les 15 ans de prison ferme et les 700 millions de francs guinéens d’amende constituent un signal fort adressé à tous ceux qui seraient tentés de commettre de telles infractions », a-t-il affirmé.

Le magistrat a indiqué que le parquet ne comptait pas faire appel, estimant que le jugement répond aux objectifs de répression et de dissuasion : « Le message est passé. Nous voulons dire à tous ceux qui s’apprêtent à commettre ce genre d’actes qu’ils seront poursuivis et que rien ne restera impuni. Nous ne reculerons devant rien pour que la justice triomphe », a insisté le procureur.

Abdoulaye Soumah a également rappelé que les violences sexuelles reposent sur l’absence de consentement, quelle que soit la victime : « Les relations intimes doivent toujours être fondées sur le consentement. On ne peut pas contraindre une personne à subir un acte qu’elle ne veut pas. Il faut que chacun comprenne que ces comportements n’ont plus leur place dans notre société », a-t-il conclu.

Et maintenant ?

Sauf évolution de la procédure, l’affaire devrait désormais être portée devant la Cour d’appel de Kankan, la défense ayant annoncé son intention de contester la décision rendue par le tribunal de première instance de Mandiana.

Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com

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