Affaire homosexualité à Lelouma : les trois filles condamnées à 7 jours de prison pour « atteinte à la pudeur »
L’affaire qui tenait en haleine la ville de Lelouma a connu son épilogue ce jeudi 23 juillet 2026. Saisie pour des faits présumés d’atteinte à la pudeur, la justice de paix de la localité a rendu son verdict à l’encontre de trois jeunes filles, les déclarant coupables et les condamnant à une peine d’emprisonnement ainsi qu’à une lourde amende.
L’affaire remonte à plusieurs semaines, lorsque des murmures persistants sur des comportements jugés contraires aux bonnes mœurs ont alerté les autorités judiciaires. Suite à des dénonciations, le juge de paix, Ibrahima Sory Camara, a instruit les services de gendarmerie de procéder à des enquêtes approfondies.
Ces investigations, appuyées par des preuves photographiques et vidéos, ont conduit à l’interpellation de trois suspects le 17 juillet 2026. Deux d’entre elles ont été arrêtées dans la localité de Korbè, tandis que la troisième a été appréhendée en plein cœur de la ville de Lelouma.
Selon les éléments portés à la connaissance du tribunal, les prévenues étaient suspectées de se comporter « comme un couple » dans des établissements nocturnes de la région, des actes interprétés comme une atteinte à la pudeur. Interrogé par notre rédaction, le juge de paix Ibrahima Sory Camara a tenu à préciser le cadre des poursuites.
« Vous savez, quand on a commencé les enquêtes, il y a eu des dénonciations qui ont été faites. Nous avions reçu beaucoup de noms et finalement, nous avons réussi à interpeller ces trois-là. Parmi ces personnes citées, il y en a d’autres qui ont quitté la cité. », a-t-il expliqué, justifiant ainsi la difficile identification de toutes les personnes mises en cause.
Le dossier, instruit en flagrant délit, a été jugé rapidement. L’audience du 23 juillet a permis de fixer le sort des accusées.
À l’issue des débats, les trois jeunes femmes ont été reconnues coupables d’ « attentat à la pudeur » et condamnées à une peine de sept (7) jours d’emprisonnement ferme, assortie du paiement d’une amende d’un million de francs guinéens chacune.
Le magistrat a également dressé le profil des condamnées, révélant des situations personnelles disparates :
· La première est une élève en classe de Terminale Sciences Sociales. Elle est mariée et mère d’une fillette, son époux résidant actuellement à Dakar.
· La deuxième était également élève, mais elle a abandonné les études.
· La troisième, quant à elle, est une couturière divorcée.
Ce jugement, bien que clément en termes de durée de détention, envoie un signal fort de la part de la justice de paix de Lelouma quant à la répression des atteintes aux bonnes mœurs dans la juridiction.
Labé, Bachir Diallo pour Siaminfos.com
