Conakry : lancement d’une campagne de sensibilisation sur les maladies invalidantes par le ministère de la Femme, de l’Enfance et des Solidarités
Les maladies invalidantes restent un véritable défi de santé publique en République de Guinée. Malformations congénitales, accidents vasculaires cérébraux (AVC), poliomyélite, diabète ou encore séquelles d’accidents de la circulation : autant de pathologies qui handicapent durablement des milliers de personnes. Face à cette situation, le gouvernement guinéen fait de la prévention une priorité pour inverser la tendance. C’est dans cette dynamique que le ministère de la Femme, de l’Enfance et des Solidarités, en collaboration avec la Direction nationale d’orthopédie, a lancé, ce mercredi 8 avril 2026, sa campagne d’information et de sensibilisation sur ces maladies dites invalidantes.
Placée sous le signe de la santé, de la dignité humaine et de la protection des couches vulnérables, conformément à la vision éclairée du Président de la République, cette initiative vise à attirer l’attention sur les conséquences néfastes des maladies invalidantes. La campagne cible les treize communes du Grand Conakry. Selon la ministre Patricia Lama, ces pathologies constituent une préoccupation majeure pour son département.
« Selon les estimations disponibles, bien qu’il n’existe pas encore de statistiques nationales exhaustives, environ 2,2 % des décès sont liés aux malformations congénitales. Une proportion importante de ces cas pourrait être prise en charge efficacement si un diagnostic précoce et un accès adéquat aux soins étaient garantis », a-t-elle indiqué.
Au-delà des conséquences médicales, a poursuivi la ministre, ces situations ont également un impact significatif sur l’économie nationale.
« En effet, les invalidités physiques, qu’elles soient temporaires ou définitives, entraînent une réduction de la participation des personnes concernées à la production nationale. Cette perte de potentiel humain constitue un manque à gagner pour notre pays, freinant ainsi notre dynamique de développement. Une nation qui laisse une partie de ses citoyens en marge est une nation qui se prive elle-même de son propre potentiel. Par ailleurs, les coûts liés à la prise en charge des invalidités, soins médicaux, rééducation, assistance sociale – représentent une charge importante pour le budget national de développement », a-t-elle fait savoir.
Investir dans la prévention apparaît donc aux yeux de la ministre comme une nécessité sanitaire, mais aussi comme une stratégie économique rationnelle.
« Au-delà des chiffres, ces enfants et ces personnes sont trop souvent victimes de stigmatisation. Dans certaines communautés, ils sont malheureusement qualifiés d’“enfants malchance”, une perception qui conduit à leur rejet, à leur marginalisation et parfois à leur exclusion du système éducatif et social. Il est important de rappeler avec force que ces enfants ne sont ni une fatalité, ni une malédiction. Grâce aux progrès de la médecine, aux interventions chirurgicales, à la rééducation fonctionnelle et à un accompagnement approprié, beaucoup d’entre eux peuvent être soignés, réhabilités et retrouver une vie pleine et active. Mieux encore, une fois correctement pris en charge, ils peuvent devenir des acteurs à part entière du développement économique et social de notre pays. Leur inclusion constitue non seulement un impératif moral, mais également un investissement stratégique pour l’avenir de la nation », a-t-elle lancé.
Pour réussir cette campagne de sensibilisation, le concours de toutes et de tous est sollicité.
« Nous entendons non seulement informer et prévenir, mais aussi changer les mentalités, lutter contre les préjugés et promouvoir une société plus inclusive et solidaire. La réussite de cette campagne repose également sur l’engagement de tous les relais communautaires. Les leaders religieux, les responsables communautaires, les structures festives, les organisations de la société civile ainsi que les médias ont un rôle essentiel à jouer en tant que vecteurs de transmission des messages clés. Leur proximité avec les populations fait d’eux des acteurs incontournables dans la diffusion des bonnes pratiques et dans la promotion de comportements favorables à la prévention des maladies invalidantes », a précisé Adeline Patricia Lama.
Pour cette première journée de lancement, les communes de Kassa, Kaloum et Dixinn sont concernées. La deuxième journée, prévue le 9 avril, mettra le cap sur les autres communes restantes. Selon la directrice générale de la Direction nationale d’orthopédie, Batouly Kaba, les opérations de sensibilisation changeront de forme par rapport à l’année précédente. Au lieu de se concentrer uniquement sur des points fixes dans les communes, une campagne de porte-à-porte sera menée dans toute la capitale afin d’atteindre les objectifs fixés.
Outre la mobilisation des personnes à mobilité réduite, cette cérémonie de lancement a été rehaussée par la présence de la gouverneure de la ville de Conakry, la générale N’mawa Sylla, ainsi que de l’ancienne ministre Makalé Traoré.
Cheick Fantamadi pour Siaminfos.com
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