Kankan : forte hausse du prix de la viande, les bouchers évoquent des difficultés d’approvisionnement
Le prix de la viande connaît une flambée notable ces derniers jours à Kankan. Alors que le kilogramme se vendait auparavant à 45 000 francs guinéens pendant le ramadan, il oscille désormais entre 70 000 et 80 000 GNF dans plusieurs boucheries, suscitant l’inquiétude des consommateurs.
Interrogés, des bouchers reconnaissent cette augmentation, qu’ils justifient par des contraintes liées à l’approvisionnement en bétail. « Nous avons effectivement revu les prix à la hausse, mais c’est une nécessité. Durant le mois de Ramadan, nous avons maintenu le kilogramme à 50 000 GNF jusqu’au 27e jour. Ce n’est qu’à partir du 28e jour que nous avons procédé à l’augmentation, faute de moyens pour nous procurer des bœufs », explique un professionnel du secteur.
Selon eux, la situation est aggravée par la raréfaction du bétail, notamment des zébus maliens, autrefois accessibles à moindre coût. L’achat en francs CFA, combiné à la hausse des prix au Mali, rend l’activité de plus en plus difficile. « Si nous continuions à vendre à 50 000 GNF, nous ne pourrions plus nous approvisionner », confie-t-il.
Pour tenter de réguler le marché, les bouchers affirment avoir fixé de nouveaux prix en interne : 60 000 GNF pour la viande avec os et 70 000 GNF pour la viande sans os. Une décision prise sans concertation avec les autorités locales. « Ni le maire, ni le préfet, ni le gouverneur n’ont été associés. Nous avons agi pour éviter une rupture de stock », précise un responsable.
Les professionnels insistent sur le fait que cette mesure vise à garantir la disponibilité de la viande sur le marché local. Ils mettent toutefois en garde contre les dérives spéculatives et préviennent que tout vendeur dépassant les prix fixés s’expose à des sanctions internes. Certains cas de vente à 80 000 GNF auraient déjà été signalés.
Ils appellent également les citoyens à signaler toute infraction aux services de sécurité, estimant que le respect de ces prix est essentiel pour maintenir un certain équilibre. Malgré cette hausse, les bouchers se veulent rassurants et évoquent une possible baisse après les fêtes, avec un retour envisagé à 50 000 GNF le kilogramme. Ils rappellent néanmoins que le prix conventionnel reste fixé à 45 000 GNF, un seuil devenu difficile à respecter dans le contexte actuel.
Enfin, les acteurs du secteur plaident pour une meilleure collaboration entre éleveurs locaux et fournisseurs maliens afin de stabiliser durablement les prix. En attendant, la population reste confrontée à une augmentation du coût de la vie, dans l’espoir d’une intervention rapide des autorités pour réguler le marché.
Kankan, Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com
