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Afrique du Sud: l’ANC subit son plus sévère recul électoral de son histoire

Trente-deux ans après l’élection de Nelson Mandela, le Congrès national africain, le parti de la libération, n’est plus le parti dominant. Aux municipales du 4 novembre 2026, il tombe à 31,7% des voix, son plus bas historique. Les électeurs votent désormais sur les compétences, plus que sur le passé.

L’Afrique du Sud a choisi de se dissocier de ses libérateurs.

Alors que le pays comptait encore ses bulletins de vote, jeudi 5 novembre, Gwede Mantashe, haut responsable de l’ANC et ministre des Mines, ne se faisait plus d’illusions: l’image était nette dès les premiers résultats des élections municipales du 4 novembre.

Selon les projections du Conseil pour la recherche scientifique et industriel (CSIR), l’ANC devrait rester le premier parti du pays, avec 31,7% des voix, contre 25,8% pour l’Alliance démocratique (DA), son principal concurrent. Mais la formation, qui a longtemps rassemblé plus de 60% des suffrages, réalise le score le plus bas de son histoire.

En à peine plus de dix ans, l’ANC a vu son électorat fondre de moitié.

Même à Soweto, le bastion vacille

Le symbole le plus fort est venu de Soweto. En 1976, le soulèvement est parti de son école, la Morris Isaacson High School, dans le quartier de Jabavu. Mercredi 4 novembre, vers 11 heures, à peine quelques dizaines de personnes attendaient leur tour dans l’établissement converti en bureau de vote.

Pour la première fois, une partie des électeurs noirs semble avoir sauté le pas en faveur de l’Alliance démocratique. À Soweto, la DA a bondi de neuf points par rapport aux dernières élections municipales et obtiendrait 12,8% des voix, selon le CSIR.

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« Sur les questions raciales, je crois qu’on assiste à un tournant. En Afrique du Sud, les gens votent traditionnellement sur la couleur de peau, sur l’appartenance ethnique ou régionale. Mais après trois décennies de gouvernement ANC, les électeurs noirs votent sur les compétences plus que sur le passé ou la couleur de peau », analyse William Gumede, analyste politique sud-africain.

« Cela aurait pu être pire, ils ne sont pas tombés en dessous des 30% », nuance-t-il cependant.

L’ère des coalitions

Presque orpheline, l’Afrique du Sud entre désormais dans l’ère des coalitions. C’est déjà le cas au niveau national depuis 2024, où l’ANC gouverne avec l’Alliance démocratique.

Les municipales de 2026 confirment ce basculement: aucun parti ne peut plus gouverner seul. Les défaillances municipales, l’eau, l’électricité, les routes, la corruption locale, ont été au cœur de la campagne. Les électeurs ont sanctionné.

Pour l’ANC, l’enjeu est désormais de se réinventer, ou de continuer à perdre du terrain, élection après élection.

A16, pour Siaminfos.com

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