Le marché de Yengema, dans la commune de Matoto, a été le théâtre d’une nouvelle opération de libération des emprises routières ce dimanche 8 novembre 2026. Après un délai moratoire de 72 heures accordé aux occupants des boutiques situées aux abords de la route menant au marché, les opérations de déguerpissement ont été effectivement lancées.
L’intervention s’est déroulée en présence des agents de la police, de la gendarmerie et de la garde communale, ainsi que du directeur régional chargé du déguerpissement de Conakry. Plusieurs boutiques ont été démolies sous les yeux de leurs propriétaires, dont de nombreuses femmes vendeuses.
Sur place, la tristesse et l’inquiétude étaient visibles. Certaines vendeuses disent avoir appris la démolition de leurs boutiques au dernier moment, sans savoir où poursuivre leurs activités.

« Je vends de l’eau et du poisson. On m’a appelée pour m’informer qu’ils étaient en train de démolir nos boutiques. Lorsque nous sommes arrivées, nous avons constaté que c’était effectivement le cas. Cette situation nous touche beaucoup, parce que nous ne savons pas où aller », témoigne l’une des vendeuses.
Au-delà de la perte de leurs espaces commerciaux, certaines contestent également les raisons avancées pour justifier l’opération. Une autre vendeuse remet notamment en question l’argument lié à la circulation routière dans cette zone.

« Je ne comprends pas vraiment le problème de la route. Ici, à Matoto, nous n’avons même pas de véritable route. Hier encore, j’ai fait venir une voiture pour récupérer mes marchandises, mais elle a dû faire un détour pour pouvoir les décharger. Lorsque les véhicules arrivent, nous demandons aux personnes installées sur leur passage de se déplacer pour les laisser circuler. À ma connaissance, il n’y a même jamais eu d’accident ici. Alors, pourquoi parler aujourd’hui de libération de la route ? », s’interroge-t-elle.

Après le passage des engins, plusieurs propriétaires se retrouvent ainsi sans leurs boutiques et dans l’incertitude quant à la poursuite de leurs activités. Pour ces femmes, cette opération représente une épreuve supplémentaire, alors que leurs espaces commerciaux constituent une source de revenus pour leurs familles.

Si les opérations de libération des emprises routières se poursuivent dans la capitale, les vendeuses de Yengema expriment désormais leurs inquiétudes face à leur avenir et appellent à une prise en compte de leur situation.
Moussa Camara, pour siaminfos.com
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