Kankan : après le passage de Doumbouya, les autorités lancent une offensive contre le désordre sur l’autoroute
La visite du président de la transition, Mamadi Doumbouya, à Kankan a entraîné une réaction immédiate des autorités locales face au désordre observé sur la nouvelle autoroute de la ville. À peine le Chef de l’État arrivé, des mesures strictes ont été annoncées pour mettre fin à l’utilisation anarchique des différentes voies de circulation.
Construite pour moderniser l’entrée de la ville, la nouvelle autoroute dispose pourtant d’espaces clairement séparés : une voie pour les piétons, une autre pour les motocyclistes et une dernière réservée aux automobilistes. Mais depuis plusieurs mois, ces règles étaient largement ignorées par les usagers.
Sur place, motos, voitures et piétons circulaient souvent dans les mêmes couloirs, créant un désordre permanent et augmentant les risques d’accidents. Une situation qui se déroulait au vu et au su de tous, sans véritable réaction des autorités locales.
Selon plusieurs informations, Mamadi Doumbouya aurait exprimé son mécontentement après avoir constaté cette anarchie routière lors de son arrivée à Kankan. Quelques heures seulement après ce constat, la commission régionale de défense et de sécurité a publié un communiqué annonçant de nouvelles restrictions.
Le document dénonce « l’utilisation anarchique des voies publiques », notamment sur l’axe Kankan-Korosa, et annonce l’entrée en vigueur immédiate de plusieurs mesures.
Désormais, les motocyclistes n’ont plus le droit d’emprunter les voies réservées aux automobilistes et aux piétons. Leur circulation est limitée à la voie aménagée derrière les caniveaux. Les automobilistes surpris sur les voies destinées aux motos s’exposent également à des sanctions financières.
Les autorités sécuritaires ont été chargées de faire appliquer ces décisions avec rigueur. Le communiqué est signé par le gouverneur de la région administrative de Kankan, le commandant de la troisième région militaire, le commandant régional de la gendarmerie ainsi que le directeur régional de la police.
Dans la ville, cette réaction rapide fait déjà débat. Certains habitants dénoncent une intervention tardive, estimant que le désordre existait depuis longtemps sans susciter d’action concrète. D’autres saluent au contraire une décision nécessaire pour restaurer l’ordre et renforcer la sécurité sur cette infrastructure moderne.
Au-delà des polémiques, beaucoup reconnaissent qu’une séparation stricte des voies reste indispensable pour éviter les accidents et améliorer la fluidité de la circulation dans la ville.
La véritable question reste désormais celle de la continuité. Les prochains jours permettront de savoir si cette fermeté marquera le début d’une discipline routière durable à Kankan ou si elle ne sera qu’une réaction passagère liée à la visite présidentielle.
Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com
