Moins d’une semaine après le meurtre d’Amadou Foula Sow à Lariya, dans la commune rurale de Tountouroun, la police de Labé a présenté ce lundi les six suspects interpellés. Une conférence de presse tenue au commissariat central de Kouroula a permis aux enquêteurs de révéler les détails de l’opération et d’entendre les premiers aveux d’un des mis en cause.
La victime, âgée de 34 ans, père de six enfants, a été tuée jeudi dernier dans le district de Lariya. Selon la commissaire principale Aissatou Djouldé Barry, directrice du commissariat central de Labé, l’arrestation des suspects a été rendue possible grâce à l’aide déterminante de la population locale, appuyée par les unités d’élite (brigade spéciale d’intervention et BAC).
« C’est suite à l’assassinat de monsieur Amadou Foula Sow que les forces de sécurité ont procédé à l’interpellation de ces individus dangereux, impliqués dans des vols et attaques à main armée dans la préfecture de Labé. Les suspects ont été auditionnés et sont actuellement en garde à vue. Le procureur de la République près le TPI de Labé a été informé. Dans quelques heures, ils seront déférés devant le parquet », a déclaré la commissaire.
Parmi les six accusés, Boubacar Diallo a choisi de reconnaître les faits devant des journalistes. Son récit confirme la violence du mode opératoire de la bande.
« Je suis là pour un problème d’arme. Jeudi dernier, nous étions prêts à procéder à un vol. À Lariya, nous avons croisé la victime. Le pilote de notre moto lui a barré la route. La victime est descendue et a foncé vers nous. Malheureusement, le petit qui nous accompagnait a tiré sur lui. En partant, j’ai sorti une arme de type PMAK qui a accidentellement blessé l’un des nôtres au pied. Une première arme venait de Pita, j’ai acheté la seconde à Labé. Une troisième arme a été arrachée des mains d’un policier à Tchalakoun », a-t-il expliqué.
Boubacar Diallo a également évoqué l’existence de complices basés à Pita, sollicités uniquement pour des coups importants. Interpellé à la suite d’une tractation pour l’achat d’une moto, il a affirmé avoir été piégé par un interlocuteur qui travaillait en réalité avec les forces de l’ordre.
Ces aveux permettent aux enquêteurs de faire le lien avec plusieurs autres attaques à main armée récemment commises dans la région, notamment à Tounny (un vendeur de bétail visé) et à Missidè Hindè dans le quartier Tata2 (le propriétaire d’une boutique attaqué).
L’affaire, qui a ému toute la préfecture de Labé, connaîtra son prochain épisode dans les heures à venir avec la présentation des suspects devant le parquet.
Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com
