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Méga Projet Simandou : ces précisions de Oumar Totiya Barry, directeur exécutif de l’observatoire guinéen des mines et métaux

Après avoir suspendu pendant un bon moment l’exploitation du gisement de fer du mont Simandou, le Général Mamadi Doumbouya a donné son feu vert pour la reprise des travaux de ce gigantesque chantier stratégique pour l’économie du pays. Intervenant ce mercredi, 17 avril 2024 chez nos confrères de Cavi médias, Oumar Totiya Barry, chercheur et directeur exécutif de l’observatoire guinéen des mines et métaux, a longuement parlé du projet Simandou, tout en déplorant le manque de transparence concernant les accords signés entre les autorités de la transition et les entreprises concernées.

D’entrée, notre interlocuteur a rappelé que « la question de Simandou est un vieux dossier qui date des années 70 parce qu’on a l’impression que le Simandou c’est 2021. Le problème fondamental a toujours été cette question des infrastructures, c’est-à-dire comment évacuer les minerais depuis le sud-ouest de la Guinée sans passer par l’option du Libéria, qui a toujours été une option que la Guinée n’a pas voulue pour des questions de souveraineté, mais aussi d’intégration économique. Ce qu’il faut rappeler, dans le cas de Simandou, on ne connaît pas les accords. Ce ne sont que des communiqués de la DCI qui circulent. Les accords signés, ça, il faut le déplorer depuis septembre 2021, pour le moment sont gardés confidentiels. C’est en violation de certaines dispositions du code minier, notamment l’article 18. Parce qu’une fois que les accords passent au CNT, ils sont promulgués et ils doivent être rendus publics », a fait savoir le directeur exécutif de l’observatoire guinéen des mines et métaux avant de continuer:

« Le code minier dit que lorsqu’un projet minier est mis en œuvre en Guinée d’office, l’État a 15% de participation gratuite dans le capital initial de l’entreprise. Mais sauf que le cas de Simandou, y a le côté mine, y a le côté infrastructures. Sur le côté mine, ce sont les dispositions du code minier qui ont été appliquées. Maintenant, le problème s’est posé au niveau des infrastructures. Le code minier dit que c’est à la Guinée de construire normalement les infrastructures et les faire louer aux autres. La faiblesse de nos moyens a amené l’État à trouver une formule. La formule la plus connue en Guinée, c’était la formule du BOT, c’est-à-dire les entreprises construisent, exploitent et transfèrent à la Guinée. Pour le Simandou, l’opinion, c’était que Winnig construise les infrastructures. Ce qu’ils avaient commencé à faire. Avec le gouvernement de la transition, l’État a cherché à revenir dans l’actionnariat des infrastructures en créant une société des infrastructures et dans cette société des infrastructures, l’État a cherché à obtenir 15% d’actions. Et les 85% sont détenus par les différentes entreprises engagées dans le Simandou. Quelle que soit la communication politique qu’il y a derrière l’État, cette société des infrastructures a une part très minoritaire qui ne le permet pas de peser assez dans la gouvernance de ces infrastructures », a-t-il indiqué.

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« La plupart des modèles de sociétés, il faut avoir minimum 35% des actions pour pouvoir espérer peser en termes de prise de décisions, mais aussi en termes de revenus. Parce qu’être présent dans l’actionnariat, c’est pour capter des dividendes. Il ne faut pas se leurrer, l’investissement qu’il y a eu sur le Simandou lors de la mise en exploitation, les premières années, il n’est pas possible de capter des revenus parce qu’il y a un processus d’amortissement. Ce qu’on ne sait pas aujourd’hui, c’est que pendant les 35 ans quel est le revenu que la Guinée va tirer de sa participation dans ce modèle là ? Ça, il faut attendre la publication des accords pour savoir combien on gagne », dit Oumar Totiya Barry.

 

Ibrahima CAMARA pour Siam infos.com

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