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Recrudescence d’éboulement et de morts dans les zones minières : un spécialiste de santé et sécurité au travail propose des pistes de solutions 

Les pertes en vies humaines dans des éboulements de mines d’or deviennent de plus en plus récurrentes dans les zones minières en Haute Guinée, notamment dans la préfecture de Siguiri. Le dernier cas en date mercredi, 16 août 2023, où quatre jeunes orpailleurs ont trouvé la mort dans un glissement de terre à Kassa Kassa, dans le district de Amina Djalonka, relevant de la sous-préfecture de Maleah, préfecture de Siguiri.

Face à cette situation qui devient inquiétante, un spécialiste des questions santé, sécurité et environnement propose quelques pistes de solutions pour limiter les dégâts. Contrairement à certains, Mamadou Aliou Bah estime qu’interdire systématiquement cette exploitation artisanale de l’or peut créer d’autres problèmes, puisque dit-il, c’est le gagne pain des milliers de Guinéens. Il préconise plutôt l’implémentation des mesures de santé et sécurité au travail.

« Il faut faire l’état des lieux, descendre sur le terrain pour savoir le mode opératoire de ces orpailleurs. Ils ont un mode opératoire pour pratiquer cet orpaillage. Donc, il faut réellement cerner ce mode opératoire. A travers ce mode opératoire, coller une procédure qui y va avec. Les experts peuvent changer dans le domaine de santé et sécurité et mettre des dispositions sécuritaires qui sont très simples mais qui peuvent fonctionner autant. Nous pouvons diminuer drastiquement la perte des vies de nos compatriotes de ce côté. Il faut voir le cas spécifiquement des femmes et des gens qui y restent quand il y a un éboulement. Il y a d’autres qui meurent par simple asphyxie, parce qu’il n’y a pas eu de dispositions sécuritaires qui sont posées », a-t-il laissé entendre.

Parlant de ces dispositions sécuritaires, ce spécialiste des questions santé, sécurité et environnement pense qu’il serait utile d’envisager des espaces confinés, mais aussi former ces orpailleurs aux gestes de premiers secours et de réanimation pour leur permettre eux-mêmes d’assister les victimes avant l’arrivée des équipes médicales.

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« Il y a des procédures de travail sur des espaces confinés. Il faut les accompagner sur cela, les former, les informer, les sensibiliser sur les activités dans les espaces confinés. Au niveau des puits, il faut les conseiller à espacer les puits. C’est pourquoi il faut d’abord voir leur mode opératoire et appliquer des mesures santé et sécurité qui sied. Si cela n’est pas fait, il y a d’autres qui vont continuer à mourir par simple asphyxie. A côté, je vais toujours demander à les former, à les sensibiliser sur les gestes aussi de premiers secours. Parce que quand ils sont formés aux gestes de premiers secours, il y a certains qui peuvent être simplement secourus sur place avec des simples réanimations. Poser aussi un Poste de santé à côté ne serais-ce que pour eux. Comme ça, quand il y a des gens qui tombent par asphyxie ou des blessures qui sont superficielles ou légères, on peut les prendre en charge », a-t-il exhorté ce jeudi chez nos confrères d’Espace FM.

En outre, Mamadou Aliou Bah invite l’État à interdire certaines pratiques qui se déroulent dans ces zones minières. « Vous savez quand on creuse en bas, il y a tout un monde qui s’installe et crée un marché, commence à vendre aux orpailleurs qui sont là-bas qui suivent des trous et qui ne voient que des métaux. Ce marché qui est en bas, il faut interdire cela. Il faut aussi interdire ces mines aux enfants, aux personnes vulnérables », a-t-il lancé.

 

Abdourahmane Pilimini Diallo pour siaminfos.com

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