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Situation des droits humains en Guinée : le regard de Fabien Hoffner d’Amnesty International

Alors que l’arrivée au pouvoir du colonel Mamadi Doumbouya augurait un signe d’espoir vu les engagements tenus au départ, cet espoir s’effrite petit à petit chez les défenseurs des droits de l’homme. Depuis plusieurs mois maintenant, la situation des droits humains en Guinée se dégrade du jour au lendemain, selon le constat de plusieurs associations de défense des droits de l’homme.

Interrogé sur le sujet mercredi, 18 octobre 2023, Fabien Hoffner, chercheur senior du bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’ouest et du centre déplore une dégradation continue des droits de l’homme en Guinée depuis que le CNRD a décidé d’interdire systématiquement les manifestations de rue.

« On assiste depuis de nombreux mois maintenant à une dégradation continue de la situation des droits civils et politiques en Guinée après une première période de prise de pouvoir par le CNRD qui avait laissé quelques espoirs, mais on se rencontre maintenant que la situation se dégrade tant du point de vue de la liberté d’expression que du point de vue du droit au rassemblement pacifique. Et nous insistons toujours sur la même chose, c’est-à-dire du fait que cette décision prise par le CNRD le 13 mai 2022 d’interdire toutes les manifestations pose problème. En revanche, il y a un double standard puisque le Chef de l’État a été triomphalement accueilli à son retour des Nations Unies. Il y a eu également une marche qui a été organisée à KanKan en soutien aux autorités actuelles et jusqu’à preuve du contraire il n’y a eu pour le moment aucune suite judiciaire. Donc, on voit que ce double standard qui s’est installé qui devient permanent et qui est en contradiction totale avec tout ce qu’a signé la Guinée en tant que pays auprès des institutions régionales et la Charte de la transition », a-t-il dénoncé.

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Au sein du bureau régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’ouest et du centre, le travail sur la Guinée s’est focalisé ces derniers temps d’une part sur l’usage excessif de la force et les homicides illégaux lors des manifestations de rue et d’autre part sur la question des violences sexuelles, notamment les viols.

Concernant les homicides illégaux et l’usage excessif de la force, indique le défenseur des droits de l’homme, « on constate malheureusement qu’il y a très peu d’évolution. Des gens, sous CNRD, ont été encore tués par balles; des gens ont été blessés par balles; des militaires continuent d’être déployés pour le maintien d’ordre, ce qui est contraire au droit international; des policiers et des gendarmes continuent d’être déployés avec des armes de guerre pour faire du maintien d’ordre… Le problème persiste », a déploré Fabien Hoffner sur Espace FM.

En outre, dit le chercheur du bureau régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’ouest et du centre, quelques petites avancées sont à noter. « Puisque certains membres de la gendarmerie ou de la police ont été condamnés pour avoir fait usage de leurs armes ou avoir tué une personne. Actuellement, il y a le procès du gendarme Ibrahima Baldé qui est en cours. C’est des choses qu’on ne voyait pas sous Alpha Condé. Donc, ce sont des choses qu’il faut noter », a-t-il martelé.

Fabien Hoffner invite le CNRD et les autorités à tous les niveaux à rectifier le tir et à œuvrer dans la promotion et la protection des droits humains conformément aux engagements du pays sur le plan international.

 

Abdourahmane Pilimini Diallo pour siaminfos.com

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