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Attaque de la maison centrale : un tour à Samatran, théâtre d’un violent affrontement entre forces spéciales et assaillants

Le combat entre les agents des forces de défense et de sécurité et les assaillants qui ont extirpé le Capitaine Moussa Dadis Camara, les Colonels Thiegboro Camara, Claude Pivi et Blaise Goumou à la Maison centrale de Conakry a été très rude. Après Conakry, les affrontements se sont poursuivis à Samatran Village, dans la commune de Dubréka où les assaillants voulaient se réfugier.

Pour toucher du doigt la réalité, un reporter de Siaminfos.com s’est rendu ce lundi, 06 novembre 2023 dans ce quartier peuplé. Sur le lieu de l’affrontement, les traces de balles sont visibles partout sur les murs. L’une des concessions où les assaillants voulaient trouver refuge après s’être trompés de route, a été complètement détruite par des balles des agents des forces spéciales, apprend-on.

Sur le sol, on aperçoit également du sang partout. Selon nos informations, les trois assaillants qui ont été tués ont reçu les balles dernière cette concession. Leurs habits sont également visibles jusqu’à présent sur les lieux.

Membre de cette concession à côté de laquelle les affrontements ont eu lieu, Mamy Touré, en état de famille, dit avoir vécu une terreur indescriptible dans la journée du samedi, 4 novembre 2023.

« Je m’apprêtais à laver les enfants. Entre-temps, j’ai entendu des coups de feu. J’ai mis automatiquement le congélateur et le fauteuil devant nous pour être à l’abri. Quand ils sont entrés dans la cour, ils ont tiré sur les vitres en demandant aux gens de sortir, mais moi je ne suis pas sortie par peur. On a eu vraiment peur, nos vies étaient entre les mains de Dieu. Après ce moment de frayeur, j’ai appelé un jeune pour connaître la position de ceux qui avaient fait irruption dans notre cour. Il m’a dit au téléphone qu’ils étaient des militaires. C’est ainsi que je suis sortie de la maison », a-t-elle expliqué.

Sékou Kaba, âgé d’une quarantaine d’années, chauffeur de taxi et membre de la famille a été quant à lui arrêté par les forces de sécurité. Sa famille n’a jusqu’à présent aucune nouvelle de lui. Dame Kaba Fatoumata sollicite auprès des autorités, la libération de son oncle et la réparation de leur maison qui a été complètement détruite par des balles.

« Le matin, on était dans la cour avec les enfants, on a entendu les crépitement des armes. C’est Dieu qui nous a sauvés parce que quand tu es dans une cour fermée, tu ne peux savoir ce qui se passe dehors. Ils ont attrapé mon oncle et vandalisé toute la maison. Depuis le samedi jusqu’à présent, il est introuvable. Nous demandons de l’aide pour qu’on puisse le retrouver. On ne sait pourquoi notre maison a été vandalisée, pourtant on a pas de militaire dans notre famille. Notre oncle était couché dans sa chambre, ils ont défoncé la porte et ils l’ont fait sortir. Depuis, on ne sait plus où il est. Nous demandons aux autorités de nous ramener notre oncle et ensuite ils n’ont qu’à réparer notre maison parce qu’on ne connait rien de cette histoire », a-t-elle déclaré.

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Au-delà du nommé Sékou Kaba, Ibrahima Sory Camara, enseignant de profession avait lui aussi été arrêté par les forces de défense et de sécurité avant d’être libéré plus tard.

« Moi, j’étais couché dans ma chambre, j’ai été appelé par un parent d’élève soit disant qu’il y a des évènements qui se passent dans le quartier. C’est ainsi que je me suis levé et j’ai vu les enfants venir vers moi soit disant que les militaires sont là. Je leur ai demandé ce qu’ils font là-bas, ils m’ont dit qu’il ne savent pas. Trois minutes après, on a entendu des tirs. Nous sommes rentrés nous refusiez dans la chambre avec les enfants. Il y a eu des tirs et la gendarmerie nous a dit de sortir sinon ils vont saccager la maison. C’est ainsi que je suis sorti avec les enfants. Ils nous ont dit au sol, je me suis mis au sol avec les enfants. Je leur ai dit qu’on ne sait rien de ce qui se passe, ils ont commencé à me harceler. C’est ainsi qu’ils m’ont fait sortir de la maison. Ils m’ont pris avec mon frère qui reste toujours introuvable, un chauffeur de taxi. Certains nous disaient il faut avouer, je leur ai dit qu’on a rien à avouer, on ne sait rien de ce qui se passe. Ils ont dit ces gens là vous êtes de la même famille, j’ai dit non on ne les connait même pas. Entre-temps, un gendarme est entré dans ma chambre et a vu mes documents parce que je suis un enseignant. C’est ainsi qu’ils m’ont fait descendre. Maintenant le gendarme qui est venu prendre le véhicule, il m’a dit de partir avec lui à la gendarmerie mais en qualité de témoin. Je suis parti, ils m’ont détenu jusqu’à hier dimanche soir et ils m’ont libéré », a-t-il laissé entendre.

Partout dans le quartier, c’est la peur qui anime les citoyens qui disent ne connaître rien de cette affaire d’attaque de la maison centrale. Certains d’entre eux rencontrés par notre reporter, déplorent même la manière d’agir des agents des forces de défense et de sécurité.

 

Abdourahmane Pilimini Diallo pour siaminfos.com

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