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Boké : 627 travailleurs dans les sociétés minières victimes de « licenciement abusif » depuis début 2023

Dans la préfecture de Boké où plusieurs sociétés minières sont implantées, les conflits ne finissent pas entre responsables de ces sociétés et les employés. Souvent, ces problèmes se soldent par des licenciements abusifs. Un phénomène qui prend de l’ampleur dans cette zone économique spéciale puisque selon les statistiques du bureau de contrôle préfectoral de travail de Boké, 627 travailleurs dans les sociétés minières ont été victimes de licenciement abusif depuis début 2023.

Même si les mesures sont parfois fondées, le mode de règlement pose problème. Et les victimes, la plupart se disent abandonnées par l’État. C’est le cas de Amadou Bereté, ancien travailleur d’une société de la place:

« L’Etat est complètement absent à nos côtés. Moi, j’ai travaillé pendant trois ans avant d’être arbitrairement licencié sans motif valable. Et je ne suis pas le seul mais on a fait plusieurs démarches auprès des inspecteurs préfectoraux et régionaux sans succès. Nous sommes partis jusqu’au ministère de la Justice pour exposer notre cas. Malgré tout, nous n’avons pas obtenu gain de cause», déplore ce jeune au chômage.
Marié et père d’un enfant, Tamba Ouendouno, un autre jeune qui dit avoir été licencié depuis récemment par une autre société minière pour faute lourde dit-on, est devenu conducteur de taxi-moto. Très remonté, il accuse ses responsables d’avoir manœuvré pour l’écarter, afin d’envoyer leurs parents à sa place.

« C’est le chef Bernois, le directeur Régional de Laguipres qui est à la base de mon licenciement. Vous savez, c’est quand GAC a décidé d’augmenter nos salaires à deux millions, ils nous ont écartés au profit de leurs parents, c’est tout », a-t-il dénoncé.
Même désenchantement chez un autre jeune de la ville qui a requis l’anonymat :

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«Moi, je suis travailleur à CDM-CHINE. Un jour, je chargeais un camion, une pierre s’est détachée et est tombée sur mon pare-brise. À cause de ça, j’ai perdu mon boulot sans aucune indemnisation. J’ai marché et tapé à des portes mais en vain. Je n’ai rien reçu », dit-il.
Pour Amadou Sadjo Traoré, le chef du bureau de contrôle préfectoral de travail de Boké, la méconnaissance du droit de travail est souvent à la base de la mauvaise appréciation de ces cas de licenciement.

«Nous sommes là pour tout le monde. Beaucoup viennent nous voir ici après avoir déposé leurs lettres de démission alors qu’ils devraient venir à l’avance. Quand ils viennent, je peux leur prodiguer des conseils car, le fait de démissionner leur fait perdre leurs droits », a indiqué ce responsable .
Le plus grand lot de licenciement reçu à l’inspection du bureau de contrôle préfectoral de travail de Boké de cette année s’élève à 627 employés. Le responsable du bureau de contrôle préfectoral de travail de Boké, précise que son service joue le rôle d’arbitre. Il invite les salariés à s’approprier du code de travail pour être mieux éclairés sur la question.

 

 

Boké, Bailo Bah pour siaminfos.com

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