Un violent affrontement a opposé, ce dimanche 19 avril 2026, des habitants de Kalafilila, un village relevant de la commune rurale de Boula dans la préfecture de Kankan, à ceux de Fangala, localité ivoirienne située de l’autre côté de la frontière. À l’origine de ces violences, un différend ancien portant sur l’exploitation d’une mare revendiquée par les deux communautés. Le bilan fait état de plusieurs blessés, dont une dizaine du côté guinéen, actuellement pris en charge à l’hôpital régional de Kankan.
Selon des sources locales, la situation a dégénéré alors que les habitants de Kalafilila s’étaient rendus sur les lieux pour leur activité annuelle de pêche collective, communément appelée barbotage. Sur place, ils auraient découvert la présence d’un groupe venu de Fangala, également déterminé à exploiter la mare.
Joint par téléphone, Kaba Sylla, un résident de Kalafilila, explique que les échanges entre les deux parties ont d’abord été verbaux avant de s’envenimer. « Nous avons trouvé les habitants de Fangala déjà installés sur la mare. Ils ont proposé d’attendre l’arrivée d’autres membres de leur communauté pour mener l’activité ensemble. Mais nous avons refusé, estimant que cette mare nous appartient et que nous devons en initier l’exploitation », a-t-il indiqué.
D’après lui, la situation a basculé à l’arrivée de renforts du côté ivoirien. Une altercation a éclaté entre les jeunes des deux camps, rapidement suivie de tirs à balles réelles. « Nous n’étions pas armés au départ. Mais eux avaient des fusils et des armes blanches. Plusieurs personnes ont été touchées », a-t-il ajouté, évoquant également la présence présumée d’individus venus d’une autre localité.
Le bilan provisoire fait état de nombreux blessés, certains atteints par balle. Si le nombre exact de victimes du côté ivoirien reste inconnu, au moins une dizaine de blessés guinéens ont été admis à l’hôpital régional de Kankan pour des soins.
Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des autorités locales. La situation demeure tendue dans cette zone frontalière, où des conflits similaires liés à l’exploitation des ressources naturelles surviennent régulièrement.
Mohamed Aly pour Siaminfos.com
