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Guinée : tenue d’un forum virtuel sur ‘’comment impliquer et protéger l’investissement de la diaspora dans l’agriculture’’ 

Aux dires de bon nombre d’observateurs, la Guinée regorge assez de potentialités agricoles. Des potentialités qui restent aujourd’hui peu exploitées. Pour pourvoir changer la donne, la diaspora guinéenne entend jouer sa partition. A l’occasion de la journée internationale de l’alimentation, un forum virtuel dont la modération a été assurée par Hamza Kossinantao, avec pour thème : « Comment impliquer et protéger l’investissement de la diaspora dans l’agriculture en Guinée », a été organisé ce mardi, 10 octobre 2023. L’occasion a été mise à profit par les participants pour aborder l’apport de la diaspora dans ce secteur indispensable pour l’essor économique du pays, dit-on.

Moussa Kanté, un des participants à ce forum virtuel est revenu sur ses expériences dans le domaine agricole en Guinée, notamment dans les cultures maraîchères. Dans son intervention, il a abordé les difficultés auxquelles la diaspora fait souvent face avant d’apporter quelques pistes de solutions.

« Personnellement, je suis rentré en Guinée à ma retraite en 2010. J’ai essayé de me mettre à la disposition des agriculteurs. Il y a quelque chose que nous diaspora pouvons faire si l’État nous aide. Tu ne peux pas changer facilement les habitudes d’un agriculteur, il faut que tu lui donnes un exemple qui a dû réussir, c’est ce qui peut lui donner le courage de changer ses habitudes. J’ai échoué parce que je n’ai pas eu la chance d’être écouté. Je me suis mis personnellement à produire maintenant en Guinée, j’ai essayé de faire les cultures maraîchères parce je suis rentré avec un ensemble d’équipements notamment les tracteurs. Je prends les travailleurs, je les paie toujours. Il y avait des motoculteurs, des motopompes. Pour les ravitailler, il faut donner du carburant. Et quand je finis de donner tout, les gens qui doivent faire ce travail ne le font plus et ils préfèrent consommer ce carburant. Quand j’arrive avec peu de choses à la récolte, les dames qui sont vendeuses de légumes à Yimbayah et ailleurs, fixent les prix de ma production. Elles ont raison parce qu’il n’y a pas de marché qui puisse encadrer ce que je suis en train de faire. Il arrive à un moment qu’elles disent qu’elles prennent un sac de tomates à 200 000 ou 300 000 GNF alors que mes 60 litres de carburant me font 240 000 GNF. Qu’est-ce que je vais gagner dans ça. La difficile cohabitation entre le fermier et l’agriculteur est un vieux problème. Vous allez prendre toutes les dispositions pour clôturer, mais s’il n’y a pas une lutte collective qui puisse permettre à chacun de respecter le travail de l’autre, qu’il y ait des sanctions réelles derrière, il y aura toujours des pertes et l’agriculteur aura toujours peur de s’engager », a-t-il fait remarquer.

Quant à Mohamed Soumah, administrateur du cabinet CERCA, il s’est exprimé sur les facteurs qui empêchent aujourd’hui certains à s’investir dans le secteur agricole.

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« Quelqu’un qui est à son début avec 20, 50 ou 100 millions qu’il investissait, et qu’il enregistre des faits néfastes, il peut décourager plus de 100 personnes. Mais quand il réussissait, il peut au moins encourager deux ou trois personnes. La cause fondamentale de ces phénomènes, c’est le mode d’acquisition du domaine agricole. Si un investisseur va négocier un domaine agricole, il va rencontrer des difficultés. Les gens vont mettre du feu dans sa plantation, ils vont le voler. Il va subir toutes sortes de difficultés pour développer son activité. Alors les mécanismes de lutte contre les incendies par rapport à l’acquisition du domaine agricole, nous avons dit qu’il faut nécessairement respecter les procédures d’acquisition en passant par les services compétents notamment les directions préfectorales de l’agriculture et de l’élevage (DPAE) qui mènent des activités liées à l’enquête sociologue agricole. Et quand ce rapport là est élaboré, il va orienter l’investisseur s’il peut acheter un domaine agricole ou pas. Ça lui permet d’avoir toutes les informations nécessaires liées au domaine en question », a-t-il fait savoir.

De son côté, Amadou Chico Cissoko, directeur des investissements du groupe FABIK, a tout d’abord énuméré quelques groupes d’investisseurs avant de faire des propositions.

« L’histoire sur laquelle j’aimerais m’appesantir aujourd’hui, d’un côté c’est l’investissement agricole et de l’autre, l’opportunité qui existe pour pouvoir aider les agriculteurs de la diaspora en vue de réussir leurs projets agricoles. Nous avons constaté qu’il y a trois groupes d’investisseurs agricoles. Il y a des investisseurs passifs qui ont un boulot et qui gagnent de l’argent. Et puis, ils prennent une partie de leur profit pour investir dans l’agriculture. Le deuxième groupe, ce sont les investisseurs actifs qui ont pris le courage de s’installer en zone rurale pour investir dans une activité agricole. Et le troisième groupe ce sont les investisseurs hybrides qui ont une activité principale. Les weekends et les vacances, dès qu’ils ont l’opportunité, ils viennent suivre leurs activités sur place (…) Si nous considérons ceux-là qui peuvent investir dans le projet agricole, prenons par exemple 20%, on se retrouve peut être avec 100 000 Guinéens à travers le monde, qui ont les moyens pour pouvoir investir dans une société agricole, mettre en place les infrastructures, acquérir les terrains, et tout ce qui va avec. Donc, ces 100 000 personnes là si nous disons que nous voulons leur faciliter la tâche, il faudrait qu’il ait une plate forme reconnue par l’État à travers la chambre du commerce, le ministère de l’Agriculture où on peut avoir toutes les informations nécessaires », a-t-il suggéré.

 

Mohamed Lamine Souaré pour Siaminfos.com

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