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Labé : une femme enceinte rend l’âme à l’hôpital régional par manque de sang 

Les décès maternels sont toujours d’actualité à Labe. Une femme est décédée ce week-end à la maternité de l’hôpital régional après un accouchement par voie basse. Selon nos informations obtenues d’une source locale, cette dame est décédée à cause d’un manque de sang.

Interrogée par notre correspondant, Dre Fatoumata Binta Barry, cheffe de service à la maternité de l’hôpital régional de Labé, a expliqué les circonstances de ce décès.

« Effectivement vendredi dernier, nous avons reçu une femme enceinte aux environs de 13 heures qui avait une hypertension. Après l’examen, la dilatation du col était à deux centimètres. Et le médecin, Dr Paul a préféré la laisser avec l’équipe de garde pour une surveillance rapprochée. Quand l’équipe l’a reçue, ils ont procédé à une dose d’attaque de sulfate d’omagnese. Après cette dose d’attaque vers 15 heures, elle était à 5 centimètres de dilatation. Donc l’accouchement par voie basse était favorable, surtout que l’enfant était mort déjà. Aux environs de 21 heures, elle a expulsé le fœtus et malheureusement il y a une hémorragie qui est survenue. La sage femme a essayé de gérer en faisant le curage. Et vu l’intensité de l’hémorragie, elle a fait appel au médecin de garde. Quand ce dernier est venu, ils ont essayé de tasser l’hémorragie. Et finalement, ils ont demandé une transfusion sanguine. Les parents qui étaient avec la dame ne pouvaient pas donner le sang et on s’est adressés à la banque sanguine. Et malheureusement, il n’y avait pas de réserve de sang. C’est ainsi que le médecin a décidé de l’envoyer au bloc pour enlever l’utérus afin de la sauver. C’est arrivé au bloc que le médecin a commencé à l’oxygéner et malheureusement c’est sur la table qu’elle est éteinte sans même le coup de bistouri. Le matin, ils m’ont informé comme j’étais à la maison tout en me donnant des explications », a-t-elle expliqué avant d’ajouter:

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« L’expulsion d’un mort-né prédispose toujours la femme à une hémorragie. C’est pourquoi Dr Paul l’avait laissée dans le service pour qu’elle accouche ici. Le médecin et les sages-femmes ont fait de leur mieux pour pouvoir la sauver, surtout que c’est une animatrice d’un projet sanitaire. Elle était bien suivie », a-t-elle indiqué.

La victime, Mariama Korka dans la vingtaine, était domiciliée à Fadi, dans la commune urbaine de Labé.

Et à propos des informations sur la réserve de la banque sanguine, Docteur Djiba Diallo, directeur général adjoint de l’hôpital régional de Labé a apporté des précisions.

« Je ne dirais pas qu’il y a manque de sang mais plutôt une insuffisance parce que la demande est supérieure à la disponibilité. Sinon, on vient d’organiser une campagne de collecte de sang à l’occasion de la fête d’indépendance bien que les gens n’ont pas répondu massivement. Nous avons eu quelques poches mais qui sont déjà utilisées. Il y a deux grands services qui demandent le sang et c’est souvent la pédiatrie et la maternité. Il faut qu’on sensibilise les familles à venir toujours avec un membre donneur de sang quand une femme vient pour accoucher au cas où le besoin se présente « , a-t-il fait savoir.

Le corps de la dame a été finalement rendu samedi dernier à ses parents pour l’inhumation. Elle a été inhumée le même jour au cimetière de Fady.

 

Labé, Bachir Diallo pour Siaminfos.com

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