Législatives et communales 2026 : l’URTELGUI met en garde les médias privés contre les dérives et appelle à des élections apaisées
À moins d’un mois des élections législatives et communales, l’Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI) a lancé ce dimanche un appel solennel à tous les acteurs de l’audiovisuel privé. Dans une déclaration dont nous avons obtenu copie, l’organisation invite ses membres à faire preuve d’une « responsabilité immense » pour éviter que la campagne électorale ne vire au chaos.
Alors que la Guinée s’engage dans une nouvelle étape de sa vie démocratique, l’URTELGUI craint que la « rumeur ne devienne une arme ». Face à ce risque, le président de l’instance, signataire du texte, rappelle que « chaque mot diffusé pèse » et que l’histoire jugera sévèrement les médias qui choisiront l’escalade.
Dans son message, l’URTELGUI martèle trois exigences fondamentales à destination des directeurs de radios, télévisions, journalistes, animateurs et techniciens :
· Le respect de l’éthique et de la déontologie : « Vérifiez, recoupez, contextualisez. La désinformation détruit la confiance et fragilise la paix sociale. » Les discours de haine, l’ethnocentrisme, le régionalisme et toute forme de stigmatisation sont formellement bannis des antennes.
· L’équité et le pluralisme : Conformément à la loi et aux décisions de la Haute Autorité de la Communication (HAC), chaque candidat et chaque liste doivent bénéficier d’un accès équitable. « Le plus petit parti a les mêmes droits que la plus grande coalition », souligne le texte, qui rappelle que l’équilibre des temps de parole « n’est pas une option : c’est une obligation légale et morale ».
· La distinction entre information et commentaire : L’URTELGUI exige que les éditoriaux, chroniques et analyses soient clairement annoncés. « Ne transformez pas vos studios en directions de campagne », prévient l’organisation.
Une couverture du scrutin jusqu’au dépouillement
L’union invite également les médias privés à ne pas se limiter aux meetings. Leur mission, écrit-elle, est de couvrir l’ouverture des bureaux de vote, le déroulement du scrutin, le dépouillement et la publication des résultats. « Soyez les témoins impartiaux du peuple, non les porte-voix d’un camp. »
Soucieuse de la sécurité des professionnels, l’URTELGUI donne des consignes claires : « Aucun scoop ne vaut une vie. Dotez vos reporters de consignes de sécurité claires. Évitez les zones à risque sans précaution. » Toute menace ou agression doit être signalée aux autorités et à l’URTELGUI, car « une attaque contre un média est une attaque contre toute la corporation ».
Enfin, l’organisation en appelle à la paix et à la cohésion nationale : « Les élections passent, la Guinée demeure. Après les résultats, il faudra continuer à vivre ensemble. » Et d’ajouter, en forme d’avertissement : « N’utilisez pas vos puissantes antennes pour dresser les Guinéens les uns contre les autres au nom de l’audience. La paix n’a pas de prix. »
L’URTELGUI rappelle que si la HAC régule et que les tribunaux sanctionnent, « c’est notre conscience professionnelle qui nous juge d’abord ». L’organisation promet d’accompagner ses membres par la formation, la veille déontologique et l’assistance, mais se dit « intransigeante face à tout manquement grave susceptible de porter atteinte à la paix publique ».
En conclusion, le président de l’URTELGUI, citant les deux précédentes consultations (référendum et présidentielle), exhorte ses pairs à rester « les artisans de l’apaisement ».
Bah Mohamed pour Siaminfos.com
