Le tribunal a rendu son délibéré ce jeudi dans le dossier très médiatisé opposant deux figures féminines influentes de la scène publique guinéenne : Maya La Solution et Yama Séga. À l’issue des débats, les deux prévenues ont été reconnues coupables des faits reprochés et écopent de la même peine.
La décision judiciaire est sans appel : chacune des deux femmes a été condamnée à deux ans d’emprisonnement avec sursis, assortis d’une amende de 40 000 000 GNF (quarante millions de francs guinéens). À cela s’ajoute une mesure complémentaire : l’interdiction de toute publication, sous quelque forme que ce soit, pour une durée de deux ans.
L’affaire, qui a défrayé la chronique ces derniers jours, opposait les deux protagonistes dans un conflit où les échanges publics outranciers, les accusations croisées et les publications jugées attentatoires à la dignité humaine ont été au cœur des débats. Le tribunal a estimé que les agissements des deux parties dépassaient le cadre de la simple querelle privée pour porter atteinte à l’ordre public et à la dignité humaine.
Pendant l’audience, les avocats de la défense ont plaidé la clémence et tenté de minimiser la portée des propos tenus par leurs clientes. Mais la juridiction a retenu la gravité des faits, justifiant la sévérité des sanctions, même assorties du sursis.
L’interdiction de publication, qui s’applique aussi bien aux réseaux sociaux qu’aux médias traditionnels ou à tout support écrit, signifie que Maya La Solution et Yama Séga ne pourront plus, pendant deux ans, exprimer publiquement leur point de vue, que ce soit sous leur nom ou de manière indirecte. Toute violation de cette interdiction pourrait entraîner la révocation du sursis et l’exécution immédiate de la peine d’emprisonnement.
À la sortie du tribunal, aucune des deux condamnées ne s’est exprimée devant la presse. Leurs conseils respectifs ont annoncé qu’ils étudieraient la possibilité d’un appel, tout en prenant acte de la décision.
Cette affaire marque un tournant dans le traitement judiciaire des conflits publics en Guinée, rappelant que la liberté d’expression, aussi fondamentale soit-elle, trouve ses limites lorsqu’elle dégénère en attaques personnelles et en troubles à l’ordre public.
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