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Opération de déguerpissement à Kankan : les citoyens touchés dénoncent et interpellent les autorités 

Il y a de cela quelques semaines, l’Etat guinéen lançait une vaste opération de déguerpissement à Senkefara en passant par Simankoï jusqu’à la nationale kankan- Siguiri. Au cours de l’opération, beaucoup de d’habitations et deux écoles de la commune urbaine ont été touchées. Une situation face à laquelle les victimes de ce déguerpissement disent ne plus savoir à quel saint se vouer.

A l’école primaire de Senkefara 1 par exemple, trois salles de classe ont été démolies. Et aujourd’hui, les responsables de cette école disent faire face à une pléthore d’effectifs dans les salles de classe.

« Nous étions obligés de réduire le nombre de groupes pédagogiques en fonction du reste des salles de classe disponibles qui sont au nombre de neuf. Au lieu de 24 groupes pédagogiques, nous sommes venus à 18 groupes pédagogiques. Les conséquences au niveau de l’effectif dans les classes. Aujourd’hui, le nombre d’élèves dans les classes dépasse les 90 par salle », a fait savoir M’bemba Traoré, directeur de l’école primaire africof.

À quelques mètres de là, se trouve la famille Sylla qui passe la nuit à la belle étoile depuis le passage des bulldozers. Ciré Sylla, membre de cette famille estime que la dimension donnée par la direction préfectorale de l’urbanisme et de l’Habitat n’a pas été respectée.

« Dans le papier qui nous a été livré par la direction préfectorale de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire, c’est mentionné 15 mètres. Maintenant si vous voulez aller au-delà de ça, vous devriez dédommager les gens. Mais depuis lors, nous sommes à la belle étoile, aucune autorité n’est passée nous dire même un mot. C’est vraiment triste. Ou bien l’habitat ne nous a pas dit la vérité alors. Sinon, je pense que ce document est une garantie », déplore Ciré Sylla, une des victimes.

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En réponse à ces allégations, Abdoulaye Diakité, directeur préfectoral de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire n’a pas mâché ses mots. Il dit ne pas être associé à cette opération.

« Je partage leur souffrance, le travail de l’État est un travail commun qui appartient à tout le monde. Les travaux de route vont avec les regrets. Ce qu’il faut retenir, aucun citoyen n’ayant un plan de masse ne peut venir s’installer sans passer par l’habitat. Aucun citoyen ne doit bâtir quelque chose sur sa parcelle sans passer par l’habitat pour prendre un permis de construire. Si l’habitat est parti pour vous installer et vous avez un permis de construire, s’il y a problème dans ça en dehors, l’habitat répond. Mais si vous venez vous-même vous implanter, l’habitat n’est pas responsable de ça », a martelé le directeur

Après le passage des machines sur cette voie, aucune activité n’est visible ces derniers jours. Pendant ce temps, les victimes sont sans abris et demandent un appui de l’État.

 

Kankan, Pathé Sangaré pour Siaminfos.com

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