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Immersion à l’école primaire de Bounanyah (Mamou): « Nous sommes obligés de demander à chaque candidat de venir avec une torche pour réviser »

A quelques semaines des examens nationaux, l’heure semble grave à l’école primaire de Bounanyah, un district situé dans la sous-préfecture de Bouliwel, préfecture de Mamou, où les candidats manquent presque de tout. Selon le directeur de cette école qui a été interrogé par notre correspondant, pour des révisions nocturnes, les candidats à cause du manque d’électricité, sont obligés d’utiliser les lampes.

L’école primaire de Bounanyah a l’un des effectifs les plus pléthoriques de la sous-préfecture. Ce, malgré la situation que le directeur juge précaire.

« Nous avons plus de 200 élèves ici, répartis dans 3 salles de classe gérés aussi par des contractuels communaux. Les enfants et les parents sont déterminés pour la promotion de l’éducation ici. Mais les difficultés ne finissent pas. Non seulement l’école est en manque de salles de classe, de point d’eau, de clôture, mais aussi et surtout d’électricité. J’ai 32 candidats, dont 15 filles cette année pour l’examen d’entrée en 7ème année. Mais, nous sommes obligés de venir avec nos lampes pour réviser. Les cours se déroulent ici jusqu’à 17H 30 avec les candidats. Après, nous venons vers 20 heures jusqu’à 22 heures pour traiter quelques exercices en Calcul, en Dictée et Questions pour mieux les préparer. L’école n’a pas de courant électrique, ni de panneaux solaires ou de groupe électrogène. Donc, nous sommes obligés de demander à chaque candidat de venir avec une torche pour la révision », a fait savoir Mamadou Moussa Sow.

Inquiet face à cette triste réalité, le vice-président des ressortissants de Bounanyah que nous avons interrogé, estime que les efforts doivent être fournis pour changer la donne.

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« Si nos candidats révisent avec des torches en 2023, c’est vraiment difficile. Mais nous n’avons pas le choix, car l’année dernière, les résultats étaient catastrophiques. Et nous ne voulons pas être la dernière école du pays. Une localité qui n’a ni électricité, ni forage, ni poste de santé, ni routes, nous vivons ici difficilement. Même pour nos malades très graves, il faut aller à Dalaba et Mamou. Nous demandons au gouvernement de penser à nous aussi », a lancé Thierno Amadou Barry.

De son côté, le président du district de Bounanyah aussi estime que les ressortissants de la localité doivent se donner la main pour changer cette situation.

« Nous invitons les ressortissants qui sont partout dans le monde à nous venir en aide. Nous manquons de tout, ou presque. Nos moyens sont limités. C’est une zone agro-pastorale. Nous voulons désenclaver et développer notre district. Mais le meilleur investissement, c’est investir sur l’être humain. Si nos enfants sont formés, nous aurons demain, des cadres dans tous les secteurs. Nous demandons aussi à l’État de nous aider pour le rayonnement du système éducatif à Bounanyah. Nos enfants sont motivés. Ils révisent avec les torches chargeables. J’étais obligé de demander à chaque parent de payer une torche pour son enfant. Seule l’éducation peut aider une nation à se développer », a fait savoir Thierno Mamadou Barry.

 

Mamou, Jacques Kamano pour Siaminfis.com

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