Sélectionné pour vous :  Le PEDN réagit à l'accident meurtrier de Macenta : "Il est inacceptable que la largesse des uns dans l’observation des règles soit fatale..."

Kindia: Immersion dans l’univers des pisciculteurs, une activité génératrice de revenus à faible risque qui prend de l’ampleur en Guinée

La pisciculture, de nos jours, s’avère comme une véritable alternative rentable pour certains jeunes. Contrairement à l’entrepreneuriat agricole, la pisciculture est une activité génératrice de revenus à faible risque, selon des pisciculteurs installés dans la commune urbaine de Kindia, que le correspondant dr siaminfos.com a rencontré ce lundi, 10 juillet 2023.

Aguibou Barry, un des jeunes entrepreneur piscicole par ailleurs ingénieur aquacole et responsable de l’entreprise Agro-Aquaculture créé en Guinée en 2021, nous a plongés dans leur univers dont il a expliqué les avantages.

« La pisciculture a plusieurs avantages. Elle est une bonne alternative pour l’emploi des jeunes, l’autonomisisatoon des femmes, la réinsertion socioprofessionnelle, des jeunes, des femmes et des personnes vulnérables. La pisciculture permet aussi de diminuer l’utilisation des engrais chimiques et favoriser l’agriculture biologique car l’eau de poissons qu’on renouvelle contient assez de nutriments  pour les plantes.

L’avantage de la pisciculture, c’est aussi pendant le repos biologique, il n’y aura rareté de poissons sur le marché, mais les gens peuvent se procurer des poissons à travers les pisciculteurs. Elle permet de produire des poissons frais qui sont bien suivis et qui ont une chaire bien fine. Ça permet  de contribuer à assurer l’autossifisance alimentaire et de lutter contre le chômage.

L’autre avantage aussi de la pisciculture, ce qu’avec la pollution des eaux des mers et des fleuves, il y aura moins de poissons. Forcément, il y aura beaucoup de gens qui vont s’intéresser à la pisciculture pour combler le besoin quotidien des consommateurs de poissons », dit-il avant d’énumérer quelques difficultés rencontrées:

« D’abord premièrement, pour avoir les matériels, ça demande beaucoup de temps pour aller chercher ailleurs. Parce que nous sommes en manque d’unités de production en place. Nous sommes obligés d’aller chercher l’aliment et les matériels biologiques ailleurs. Alors qu’à nos jours, on est capable de produire nous-mêmes les matériels biologiques de différentes espèces de poissons, que ce soit le tilapia ou les silures.

En ce qui concerne l’infrastructure, il y a le bac que nous installons ici avec le fer en métal communément appelé fer galva et les bâches à poline, mais c’est cher. Il y a plusieurs formes d’infrastructures de pisciculture intensives dont les aménagements coûtent chers comme les bacs hors sol, y a le bassin bétonné et y a les étangs que nous pouvons faire aussi.

Sélectionné pour vous :  Massacre du 28 septembre: Un an après l'ouverture du procès, l'OGDH dresse un bilan mitigé

Mais nous sommes en train d’améliorer, de moderniser un peu pour permettre à chacun de faire la pisciculture même à domicile. Il suffit juste d’avoir de l’eau, un forage, un puits amélioré ou un cours d’eau qui ne tarit pas.

Deuxièmement, le problème d’écoulement constitue une autre difficulté. En Guinée, nous avons de sérieux problèmes pour écouler les poissons élevés dans les marchés.

Quand on envoie les poissons dans les marchés de Conakry et de l’intérieur du pays, les gens disent que c’est cher. Mais ce qui justifie cette cherté, c’est l’aliment des poissons qui est très cher aussi. Certains clients sont curieux de voir le poisson vivant dans l’eau mais ils n’ont pas le courage d’acheter le poisson vivant. Donc, l’écoulement nous fatigue beaucoup mais nous sommes en train d’essayer d’autres stratégies et surtout faire en sorte que la consommation des silures rentre dans les habitudes de la population. Plusieurs Guinéens préfèrent ce qui est importé.

Troisièmement, l’obtention de l’aliment pour les poissons n’est pas chose aisée. L’aliment des poissons est très cher, il arrive souvent qu’on tombe en rupture d’aliments pour les poissons. Un sac de 15 kg d’aliments est vendu à 300 000 gnf. Chez nous, un sac c’est pour 2 ou 3 jours », a-t-il fait savoir.

Et pour pallier à ce problème, ce jeune ingénieur qui dispose de plus de 2000 poissons dans des bacs hors sol, souhaite construire une unité de production des alevins et de l’aliment des poissons avant de lancer un message à l’État. « Nous demandons à l’État de subventionner l’aliment pour qu’il coûte moins cher afin de diminuer le coût de la production pour permettre à  plusieurs autres pisciculteurs de se lancer ou à accroître le volume d’élevage. Si l’aliment coûte moins cher, ça va faciliter aussi la vente des poissons que nous élevons et optimiser nos intérêts », a-t-il lancé.

 

Kindia, Sam Diallo pour Siaminfos.com

Laisser une réponse
Share to...