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Pépé Francis : « Il faut établir un nouveau chronogramme réaliste et raisonnable pour que la Guinée puisse connaître les élections… »

Décidément, le glissement de la transition est acté par les autorités de la transition, même si la pilule s’avère encore difficile à avaler pour certains acteurs sociopolitiques. Pas plus tard que samedi dernier, le Premier ministre a une fois encore réitéré sur les ondes d’un média international, l’impossibilité d’un retour à l’ordre constitutionnel en décembre 2024 en Guinée.

Interrogé sur la question, Pépé Francis Haba, président du parti UGDD (Union guinéenne pour la démocratie et le développement) a dit qu’il est difficile de respecter le délai actuel du chronogramme de la transition.

« Je pense que le Premier ministre Bah Oury n’a fait que décrire la situation sociopolitique de notre pays. Effectivement, le constat est amer, mais le constat est aussi vrai. Il est compliqué aujourd’hui qu’on puisse à la fois faire le référendum constitutionnel, faire les élections législatives, les élections locales et les élections présidentielles. L’accord dynamique qui avait été signé entre le CNRD et la CEDEAO parlait de 10 points essentiels et il y a le RHGP4 et le RAVEC qui constituent les deux premiers points majeurs. Dès lors que le RAVEC est fini, le reste du calendrier du retour à l’ordre constitutionnel peut se dérouler de façon aisée. On peut quand même reprocher à Bah Oury le fait qu’il n’ait pas rassemblé toute la classe politique. Le fait qu’il n’ait pas rassemblé les acteurs sociopolitiques au niveau du cadre de dialogue pour discuter de cette question importante de l’exécution du calendrier. Même s’ il y a du retard, je pense qu’il devait devant les acteurs sociopolitiques, justifier pourquoi il y a eu ce retard et démontrer qu’on peut organiser les élections sur 10 ou 12 mois. Aujourd’hui, nous acteurs sociopolitiques, nous avons besoin que le CNRD et son gouvernement nous présentent un calendrier précis. Même si nous allons au-delà du 31 décembre 2024, nous avons besoin d’un calendrier. Aujourd’hui, nous sommes en train de naviguer comme si nous ne connaissions pas notre destination finale, alors que les acteurs sociopolitiques ont besoin d’un calendrier précis pour qu’ils puissent se préparer, mobiliser leur structure, la base pour aller aux élections. Je pense que c’est cette question qui reste à faire. Dès lors que le Premier ministre viendra avec un calendrier précis, je pense que les acteurs socio-politiques, même ceux qui ne sont pas d’accord avec le glissement de calendrier vont se préparer pour aller compétir aux futures élections », indique-t-il.

Pendant ce temps, l’ANAD n’exclut pas de demander une nouvelle transition qui sera pilotée par des civiles.

« C’est bien beau de demander une nouvelle transition. C’est bien beau de demander le départ du CNRD, mais est-ce que nous avons les moyens pour le faire ? Est-ce c’est même important de le faire ? Parce qu’ en voulant déstabiliser la transition actuelle, si une nouvelle transition arrive, cette transition sera obligée de faire un nouveau calendrier électoral. On pourrait perdre beaucoup plus de temps. Je pense qu’aujourd’hui, nous devons tous nous donner les mains et réclamer un dialogue inclusif au sein du cadre de dialogue. Demander au CNRD de venir avec un calendrier précis. C’est ce calendrier qui va nous permettre de suivre le déroulement de la transition. Mais aujourd’hui, ils ont signé un chronogramme avec la CEDEAO sans délai d’exécution de chaque activité. Tant qu’on ne saura pas quand l’élection référendaire aura lieu, quand nous irons aux élections législatives, quand nous ferons les élections locales et quand on va compétir pour l’élection présidentielle, je pense que nous continuerons à discuter pour ne rien faire. Je pense que c’est ce qu’il faut exiger aujourd’hui au CNRD et à son gouvernement. On ne peut pas parler d’une nouvelle transition parce que cette transition est en train de rectifier beaucoup de choses du passé, même si tout n’est pas rose », martèle le président de l’Union guinéenne pour la démocratie et le développement avant de poursuivre:

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« Dans notre pays très souvent, les Premiers ministres sont des plantons des présidents de la République. Les Premiers ministres guinéens, ce ne sont pas eux qui choisissent le gouvernement. Ils sont là-bas généralement que pour représenter le président de la République par rapport à certaines choses. Sinon, les décisions majeures sont prises par le CNRD. Si vous voyez le Premier ministre est en train de le faire, c’est parce que le CNRD lui a soufflé à l’oreille que c’est ce qu’il faut parce qu’on lui a prouvé que les activités ne peuvent pas être exécutées avant le 31 décembre 2024. C’est tout ce qu’il est en train de faire. C’est le porte-parole du CNRD, on peut le dire comme ça. Je pense que le Premier ministre et son gouvernement doivent se rappeler qu’ils ont mis un cadre de dialogue inclusif en place qui rassemble énormément d’acteurs sociopolitiques. Ils doivent venir avec le niveau d’exécution de chaque activité. Pour discuter avec ces acteurs là. Et ensemble, nous allons essayer d’établir un nouveau chronogramme. Un chronogramme réaliste, raisonnable pour que notre pays la Guinée puisse connaître des élections présidentielles et puisse connaître le retour de la démocratie. C’est ce qui pourra attirer les investisseurs et permettre aux acteurs économiques de se développer et d’investir massivement pour le développement harmonieux de notre pays et pour permettre d’apporter le bonheur au sein de la population guinéenne », a-t-il fait savoir.

 

Ibrahima CAMARA pour siaminfos.com

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