Sélectionné pour vous :  Kindia : les travaux de construction de la clôture du camp Kèmè Bouréma lancés, 92 ans après sa création

Référendum du 28 septembre 1958: à la rencontre d’un ancien membre du bureau de vote de Tounkourouma, dans Tougué

Le 28 septembre 1958, la Guinée avait voté NON contre le référendum proposé par la métropole française. 65 ans après ce vote historique, notre correspondant est allé à la rencontre d’un compagnon de l’indépendance ce jeudi, 28 septembre 2023 pour parler de l’engouement lors de ce scrutin dont il était membre du bureau de vote à Tounkourouma, en Moyenne Guinée.

Né en 1939, Alpha Mamadou Barry, président d’un bureau de vote lors de ce référendum à Tounkourouma, district relevant de la sous préfecture de Konah, dans Tougué, se souvient encore du déroulement de ce scrutin qui a permis à la Guinée de sortir du poids colonial.

« D’abord pour parler de ces événements, il faut remonter au temps de l’empire romain. Ce sont les guerres internes entre puissances coloniales qui ont permis de recourir à des troupes dans les colonies. Lors de la première guerre mondiale, les allemands ont très tôt matraqué les français. Il a fallu que le colonel Mangin coordonne un recrutement pour combattre aux côtés de la France pour qu’elle ait la victoire en 1918. Donc en 1958, je suivais une formation à l’école normale de Labé. Donc quand la victoire des alliés a eu lieu en 1956, il y a eu la création des partis politiques et les français avaient érigé 25 cercles en Guinée. Du coup, il y a eu à cette époque, une élection des maires et le RDA a remporté une bonne partie des circonscriptions. A Conakry, c’était Sekou Touré. A Kindia, N’Famara. A Mamou, Saifoulaye Diallo. Kisssidougou, Lansana Beavogui etc. En ce temps, je suivais des cours à l’école normale de Labé et j’ai demandé à travailler pendant les vacances. Et j’ai été finalement recruté à Tougué par le conseil communal. Après le vote, puisque j’étais président d’un bureau de vote à Tounkourouma, le « OUI » avait eu 40 voix et le « NON  » l’a emporté avec 272 voix. Certains votaient même à domicile et viennent introduire les bulletins de vote dans les urnes. Le RDA avait tellement sensibilisé les électeurs qu’il fallait s’attendre à ce que le « NON  » l’emporte », a-t-il expliqué.

Sélectionné pour vous :  Tentative de coup d'État au Niger : la CEDEAO condamne et exige la libération immédiate du président

Poursuivant ces propos, ce doyen de l’indépendance est revenu sur l’euphorie qui a sanctionné ce référendum du 28 septembre 1958.

« Il n’y avait pas assez de monde à cette époque mais partout, il y avait des manifestations de joie. Les citoyens se demandaient qu’est ce qui allait succéder ce référendum du 28 septembre 1958. La Guinée a donc traversé une période difficile après le départ des blancs. Il fallait gérer l’intégrité du territoire, la sécurité et la continuité du service de l’administration publique. En dépit de ces objectifs, la Guinée n’avait presque pas de cadres à cette époque. Les postes qui existaient ont été occupés mais les gens ont exercé pratiquement des fonctions qu’ils ne maîtrisaient pas. C’est ce qui fait nos difficultés sinon, du point de vue nature, nous sommes la quintessence des merveilles du monde. Mais malheureusement, nous n’avons pas de cadres compétents », a-t-il lâché.

 

Labé, Bachir Diallo pour Siaminfos.com.

Laisser une réponse
Share to...