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Signature du « term sheet » entre l’État guinéen et GAC : « Même si la Guinée a 20 unités de raffinerie ou plus, nous aurons un effet conséquent sur les revenus » (spécialiste)

Jeudi, 6 juin 2024, l’État guinéen a signé un « term sheet » avec la société Guinea Alumina Corporation (GAC). Avec cet accord, la Guinée passe dorénavant de 0% à 15% dans le capital de ladite société. « Cet accord préliminaire marque une étape décisive dans le développement du projet de raffineries d’alumine pour un coût global de 4 milliards de dollars et une production moyenne annuelle d’un million de tonnes d’alumine, un projet qui a longtemps stagné », s’exclamait dans une note officielle la Présidence guinéenne. Pour en savoir davantage sur cet accord, notre rédaction a donné la parole à un spécialiste des questions minières ce week-end. Dans cette interview, Abdoulaye Soumah, Doctorant en politique budgétaire et fiscale des industries extractives dans les pays en développement, a fondé son analyse sur trois (3) axes.

Siaminfos.com : Avec la signature de ce « term sheet », la Guinée impose-t-elle son leadership dans le secteur minier ?

Abdoulaye Soumah : D’abord, il faut saluer ce rattrapage économique et financier du projet de la compagnie Global Alumina Corporation GAC, en obtenant des actions qui étaient de 0% au sein de l’actionnariat à 15 %, suite à la signature du term sheet  aujourd’hui avec des sièges également dans le Conseil d’administration. Également, la concrétisation des termes de la construction de l’unité de raffinerie selon les stipulations des anciens accords et engagements entre GAC et l’État guinéen, avec un coût global de réalisation se chiffrant  à quatre ( 4 ) milliards de dollars. Au delà de tous ces points positifs et prouesses réalisés par nos autorités actuelles, nous pouvons mieux améliorer l’assiette de revenus du secteur extractif. La Guinée doit mettre fin à son statut de simple observateur de son secteur minier en devenant l’un des acteurs clés sur la chaîne minière. Les revenus du secteur minier ne s’obtiennent pas à travers des quantités de ressources minières extraites, exportées et traitées dans les raffineries avec ou sans le système isolé. Aujourd’hui,  avec cet ancien modèle,  même si la Guinée a 20 unités de raffinerie ou plus, nous aurons un effet conséquent sur les revenus,  pourquoi ? Les revenus du  secteur minier viennent de la modélisation minière, c’est-à-dire en détenant des actifs immatériels ou incorporels, compétences c’est-à-dire un apport en industrie ; ou des plateaux anciennement valorisés avec toutes les hypothèses géologiques ou minières respectées, ou des infrastructures ou équipements miniers et enfin de l’apport des financements conséquents pour  des activités minières.

Quand n’est-il des populations directement ou indirectement impactées par le projet ?

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Pourquoi GAC doit dédommager la population guinéenne? Durant tout ce temps pour le manquement fiscal, économique et financier programmé pour des motifs avoués ou non, par  des actionnaires ou des partenaires externes en ne respectant pas les engagements de réalisation de ladite unité de raffinerie annoncée dans la convention de base à nos jours, orchestrée par les effets de la non maîtrise des questions de la modélisation minière. Ou, à defaut, ce manque à gagner peut être un apport financier de l’État pour la construction de ladite unité de raffinerie en revalorisant avec les experts intégrés et pétris de talents pour des questions de structuration des actifs miniers.

A votre avis, la Guinée doit-elle valoriser et appuyer davantage l’expertise locale pour s’affirmer dans le secteur minier ?

A mon avis, un autre élement très fondamental à ne pas perdre de vue, ce sont les questions de revenus structurels avec GAC, et son unité de raffinerie et toutes les autres compagnies minières en exploitation dans le pays. Pourquoi, les élements devant connaître le retour sur investissement n’appartient pas  à l’État c’est-à-dire ni les actifs incorporels, ingénierie minière ou autres techniques valorisées sur la chaîne c’est-à-dire apport en industrie, infrastructures ou équipements miniers et les financements dudit projet ne sont pas apportés par l’État ni par les entreprises publiques comme l’Agence Nationale d’Aménagement des Infrastructures (ANAIM), ni la Société Guinéenne du Patrimoine Minier,. Par conséquent, si les hypothèses restent  maintenues pour le projet GAC, comme tous les autres projets miniers Simandou et autres, il ne faut pas s’attendre à grand chose du volet. Mais comme nos prédécesseurs et nous, voulons juste percevoir 1,2 ou 3  milliards par projet, qui représentaient tout simplement  2% et tous les revenus dudit projet et nos partenaires, quant à eux prendront le reste, laissant les générations futures dans les chaos économiques et fiscaux programmés en amont des négociations conventionnelles par faute du manque de la haute expertise en économie minière et fiscale. D’ou en conclusion, les  solutions  de notre secteur minier viendront un jour  effectivement de l’expertise locale à travers la modelisation minière, nouveau chantier des générations présentes et futures.

Interview réalisée par Mohamed Lamine Souaré pour Siaminfos.com

 

Tél. : 627 56 46 67/660 23 01 03

 

E-mail : souaremohamedlamine56@gmail.com

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