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Crise énergétique en Guinée : « Il faut commencer par situer les responsabilités à travers des enquêtes et poursuites judiciaires »

Si la desserte en électricité pendant les dernières années du régime d’Alpha Condé était appréciée par certains, la réalité est toute autre sous le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD). Depuis l’incendie survenu au dépôt d’hydrocarbures de Kaloum en décembre dernier, l’Électricité de Guinée (EDG) sert désormais ses clients en dents de scie.

Alors que le ministre guinéen en charge de l’Énergie ne cesse de justifier la crise énergétique que traverse le pays, le président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL) estime que des enquêtes et des poursuites judiciaires doivent être diligentées.

« Lorsque des projets de barrages hydroélectriques qui ont englouti des millions de dollars échouent, il faut commencer par situer les responsabilités à travers des enquêtes et poursuites judiciaires au lieu de se lamenter en accusant la pluviométrie. C’est à se demander ce qu’ils ont à la place du cerveau. Au lieu d’intoxiquer et distraire l’opinion publique sur le problème d’eau qui manquerait dans les barrages de Kaleta et Souapiti, il serait mieux d’avoir une approche d’explication et d’investigation plus pertinente sur cet énième échec de la gouvernance dans le domaine énergétique », se lamente Aliou Bah avant de poursuivre:

« En effet, justifier le délestage électrique par le fait de la baisse de l’eau, est un manque de respect vis-à-vis du contribuable. Cela d’autant plus que le rythme des saisons et la destruction de l’environnement ne sont un mystère pour personne en Guinée. Donc aucun projet sérieux de barrage hydroélectrique ne doit se réaliser sans prendre en compte ces dimensions essentielles. À l’époque de la réalisation de ces deux barrages, il y a eu des voix objectivement critiques qui s’étaient interrogés sur l’aspect technique et financier des projets. Cela en tirant les enseignements de l’échec du projet Garafiri dont la réalisation avait été exagérément politisée à l’instar de Kaleta et Souapiti d’ailleurs. Pour rappel, l’ex président Lansana Conté avait inauguré les tribunes avant la fin des travaux en présence de Jacques Chirac car il voulait montrer à l’opinion publique internationale une image de bâtisseur. D’ailleurs parmi ses slogans de campagne pour la confiscation définitive du pouvoir il y avait “la confiance dans la continuité” “le bâtisseur” etc. », rappelle le politique avant de conclure:

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« Et pour renforcer l’élan populiste du régime, le gouvernement d’alors avait lancé une campagne de collecte citoyenne au nom de la souveraineté nationale pour soi disant financer le projet. Même les élèves que nous étions avaient contribué. La suite est connue. Alors la démarche sérieuse qui merite d’être menée aujourd’hui, que cela soit pour les gouvernants, les citoyens ou les professionnels (journalistes, techniciens), c’est de mener des investigations afin de révéler les véritables aspects financiers et techniques des projets. Cela donnera une idée des ressources englouties pour un tel échec et les failles techniques; de la conception à la réalisation. Ensuite, procéder à un audit de la gestion d’EDG et une audition des entreprises ayant participé aux travaux de réalisation. À l’issue d’une telle démarche de collecte de données et informations concrètes, laisser le soin à la justice de s’occuper de la suite. Arrêtons de toujours nous lamenter et commençons par sanctionner les coupables de nos maux ! », a-t-il suggéré.

 

Mohamed Lamine Souaré pour Siaminfos.com 

Tél. : 627 56 46 67  / 660 23 01 03 

 

E-mail : souaremohamedlamine56@gmail.com

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