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Dialogue politique en Guinée : « On ne peut pas demander à Bah Oury de braver le président pour satisfaire certains politiques »

Nommé le 27 février dernier, Bah Oury a fait plus de 100 jours à la tête du gouvernement guinéen. Si d’aucuns estiment que le Premier ministre n’a pas répondu à l’attente des Guinéens, ce n’est pas le cas chez le président de l’UMP. Selon lui, le chef du gouvernement guinéen n’est pas comptable de la gestion actuelle du pouvoir de Conakry.

Interrogé ce mardi, 18 juin 2024 par un de nos reporters, Boubacar Siddighy Diallo, contrairement à certains, dresse un bilan satisfaisant du locataire du PM Amadou Oury Bah.

« Moi, je ne pourrai pas tirer un bilan parce que 100 jours c’est peu dans un contexte où on est dans une dimension où l’essentiel du moment porte sur la transition, sa définition, la façon d’être gérée qui échappe au pouvoir et au contrôle du Premier ministre. Ce qui lui a été demandé, c’était de venir faire une déclaration de politique auprès du CNT. Il a décliné les actes. Aujourd’hui, le CNRD est dans l’urgence d’abord de gérer le problème du dépôt des hydrocarbures et je pense que le gouvernement se tire très bien d’affaires. Aucun pays ne peut avoir un tel choc et continuer à gérer l’économie, à gérer l’inflation, à gérer la desserte du carburant comme la Guinée est en train de le faire. Il faut féliciter le gouvernement parce que de Youmou à Conakry, les stations sont servies alors qu’on n’a pas un dépôt de stockage d’hydrocarbures. Ils le font par des citernes qu’ils importent à travers les différents pays. Et ça, pour celui qui connait cette logistique, elle est extrêmement coûteuse et difficile à gérer, mais ils y parviennent. Donc, ça, c’est de dire qu’ils sont au service des citoyens », indique le politique avant de poursuivre:

« Ensuite, aujourd’hui, il y a son implication (Premier ministre ndlr) à pacifier le paysage politique. À essayer de trouver la juste mesure entre les politiques, le CNRD et à gérer le quotidien. Ce n’est pas facile, mais je trouve qu’il est en train de bien s’y prendre. Donc, il faut le soutenir. Il a besoin du soutien des politiques et il a besoin aussi de renforcer ses pouvoirs auprès de ceux qui lui ont confié cette mission. C’est-à-dire que le président continue à lui donner la main libre à faire très bien la mission qu’il lui a donnée. 

Le Premier ministre, c’est d’abord le premier porte-parole du gouvernement. C’est lui le Premier ministre, chef du gouvernement. Même s’il y a un ministre qui est dédié à cette tâche, mais le premier responsable du gouvernement c’est lui. Il est responsable devant le président de la République et il ne fait que la politique du président de la République. Et, il n’agit que dans le sens et dans l’orientation du président de la République. Et sa mission, c’est de servir le président de la République, qui a aussi la mission de servir le peuple de Guinée. Alors, si les Guinéens font confiance au président et qu’il fait confiance au Premier ministre, je ne vois pas en quoi on peut demander au Premier ministre de faire des choses que le président ne lui a pas confiées. Aucun Premier ministre du monde dans un pays présidentiel ne prend des décisions à sa tête », a fait savoir notre interlocuteur, qui répond aux détracteurs de Bah Oury qui continuent de l’évaluer sur le plan politique:

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« Bah Oury ne peut pas être attendu sur le plan politique quand il est nommé par un militaire. Il fallait attendre de Bah Oury sur un plan purement pratique et je crois qu’il est en train de montrer sa bonne foi à vouloir être correct vis-à-vis du peuple pour lequel il a beaucoup de respect et pour lequel il a beaucoup combattu. On lui a demandé la fin de la transition. Il a été très honnête. Il dit aujourd’hui qu’on ne peut pas organiser dans ce contexte là des élections à la fin de l’année 2024. Et, c’est ça la vérité. C’est ça l’évidence. Prenez le plus pressé des leaders politiques de l’opposition, nommez le Premier ministre et demandez lui d’organiser les élections, il ne pourra pas. Les gens vous disent dans l’opposition ce qu’il ne peuvent pas dire dans le pouvoir. Quand vous êtes dans l’opposition, faut pas vouloir tout le temps vous opposer au pouvoir même quand ce n’est pas nécessaire. Monsieur Bah Oury ne devait être l’adversaire des politiques. Mais, je vois que certains politiques commencent déjà à le prendre comme un adversaire. On ne peut pas demander à Bah Oury de braver le président pour satisfaire certains politiques. Il ne peut pas le faire. Y a combien d’anciens Premiers ministres dans l’opposition? Mais tous ceux-ci, quand ils étaient à la place de Bah Oury, ils faisaient exactement ce que les présidents leur disaient de faire et ils le faisaient même à l’excès pour la plupart. Donc, je ne crois pas qu’on puisse jeter de l’anathème sur la gestion de Bah Oury. Il sait ce qu’il doit faire et je crois que c’est bien », dit-il.

 

Ibrahima CAMARA pour siaminfos.com

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