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Journée de lutte contre la corruption : Le regard sur le phénomène et les propositions de solutions de Dr Alhassane Makanera

Depuis l’adoption de la Convention des Nations-Unies contre la corruption le 31 octobre 2003, la Journée internationale de lutte contre la corruption est observée le 9 décembre de chaque année dans le monde entier. Une occasion pour les gouvernants, ONG et institutions de lutte contre la corruption d’attirer l’attention du public sur les problématiques de ce phénomène. En Guinée, tous les efforts déployés pour éradiquer la problématique n’arrivent toujours pas à produire les résultats escomptés, car la corruption bat son plein dans toute la société.

Interrogé ce samedi, 09 décembre par un reporter de Siaminfos.com, Dr Alhassane Makanera Kaké, Juriste et spécialiste des questions économiques et financières, a tout d’abord commencé par expliquer l’importance de lutter contre la corruption par les États, notamment en Afrique.

« La lutte contre la corruption est un problème fondamental posé au niveau de toutes les sociétés modernes, parce que la gestion publique est fortement liée en Afrique à la corruption. On se demandait même si la corruption n’est pas devenue un élément de la gestion publique en Afrique. Donc, l’obligation est de lutter contre la corruption pour la simple raison elle a des conséquences non seulement sur le développement, elle a des conséquences sur le niveau de vie et elle a des conséquences sur la santé même des populations », a-t-il laissé entendre.

Sur le plan mondial, il y a des mesures qui ont été prises pour lutter contre la corruption surtout dans la gestion des marchés publics et dans les rapports au niveau de l’aide au développement.

Pour le cas de la Guinée, dit le juriste, « il y a eu d’abord le Code pénal qui punissait la corruption de manière lapidaire. Ensuite, il y a eu carrément une loi anti-corruption. Au niveau public, on a mis également une Agence nationale de lutte contre la corruption. Donc, les mécanismes juridiques et institutionnels existent en Guinée, parce qu’il y a même une Cour de répression, il y a encore la Commission nationale de lutte contre la corruption », a-t-il indiqué.

Malgré tous ces instruments juridiques et institutionnels, à vue d’œil, la corruption persiste en Guinée et selon les classements même des institutions internationales. Pour Dr Alhassane Makanera Kaké, « ça veut dire tout simplement que la corruption est devenue un phénomène que la Guinée a des difficultés à maîtriser. Ça veut dire aussi qu’à chaque fois qu’il y a un mécanisme nouveau qui est mis en place, la corruption s’adapte à ce mécanisme et continue à survivre », a déploré l’ancien Chef du département juridique de la CENI.

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Pour lutter contre le phénomène, le juriste, spécialiste des questions économiques et financières propose l’organisation des assises nationales sur la corruption pour entendre tout le monde sur le sujet.

« On doit faire une prise de conscience générale. Et qu’ensemble, qu’on s’asseye et discute pour écouter tout le monde, parce que malheureusement en Guinée on écoute pas tout le monde, on écoute quelques uns. Et souvent, ceux qui sont écoutés, c’est parmi eux il y a des corrompus. Donc, il faudrait faire de la lutte contre la corruption un problème national pour qu’on trouve une solution nationale à travers la participation de toute la population, pratiquement comme si on organisait une élection. Parce qu’en réalité, nous sommes tous dans la corruption. Donc, il faudrait que chacun puisse dire son opinion par rapport à la corruption et quelle proposition de solution il envisage. Je vous donne un exemple sur lequel on peut s’appuyer et que ça réussisse. C’est comme sur l’unité nationale. On a fait un problème national, moi personnellement j’ai participé à cela pour écouter les populations, mais on a été surpris des informations, des positions, des idées qu’avançait cette population qu’on considérait ne comprenait rien. Et si c’est dans le cadre des assises, j’aurais souhaité aussi qu’on fasse des assises nationales sur la corruption. Je ne dis pas que ça va régler le problème, mais probablement si on fait une assise nationale sur la corruption, on arrive à identifier les responsabilités, on va mieux identifier les causes de la corruption, on va mieux savoir qui est corrompu et comment ça se passe. Et si on a l’ensemble de ces mécanismes, il serait très facile de trouver des solutions. Quand on connaît la maladie, c’est facile de proposer des remèdes pour la maladie », a dit l’universitaire.

 

Abdourahmane Pilimini Diallo pour siaminfos.com

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