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L’organisation des élections confiée au MATD? « Des pays comme la Côte d’Ivoire sont entrés dans la guerre civile à cause de la CENI »

Théoriquement, la junte guinéenne doit céder le pouvoir à un régime civil fin décembre 2024. Dans le cadre du retour à l’ordre constitutionnel, le pouvoir de Conakry a jugé nécessaire de confier l’organisation des futures échéances électorales au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). D’ores-et-déjà, de nombreux acteurs politiques guinéens non des moindres haussent le ton contre cette éventualité.

Cependant, y en a comme le président de l’UDRG qui estiment que la décision de la junte guinéenne n’est pas mauvaise. A en croire Bah Oury, cela permettra au pays de connaître un processus apaisé :

« J’encourage le MATD à accélérer le processus. (…) Ces CENI depuis 30 ans, ce n’est pas simplement en Guinée, dans la plupart des pays africains, ont montré leurs limites. Et nous savons comment les élections de 2010 se sont déroulées avec des querelles, avec chaque jour un président de CENI demis au profit d’un autre. Et des pays comme la Côte d’Ivoire sont entrés dans le processus de guerre civile à cause de la CENI. Et nous, aujourd’hui, ce qu’il faut savoir, la responsabilisation du gouvernement, ce n’est pas un privilège qui leur est accordé, c’est une charge supplémentaire parce qu’ils doivent être garants de la bonne fin du processus », a-t-il indiqué d’entrée avant de poursuivre :

« Si vous mettez un président de CENI individuel qui est à la merci des intimidations, des tentatives de corruption de gauche à droite, qui a aussi son pensant politique au gré de ses intérêts personnels, la crise risque d’aller dans une situation désastreuse. Or, ici, le MATD engage les ministères, le CNRD, ils sont garants de la bonne fin de l’ensemble des processus. Si ça ne marche pas, on dira que c’est leur faute. Si ça marche, on les applaudira en disant qu’ils ont rempli une mission noble dans l’intérêt du pays tout entier. Mais si vous mettez des individus pour des raisons politiques ou ethniques, dans ce contexte actuel, ils peuvent être à la merci de toutes les influences négatives qui risquent de bloquer le processus au gré des intérêts de quelques uns d’entre nous et au détriment de l’intérêt général, ce n’est pas souhaitable. Le schéma tel qu’il est préconisé aujourd’hui, il y aura une direction générale des élections qui sera dotée d’une autonomie financière. Donc, c’est cette direction générale qui va organiser l’ensemble des processus électoraux. Et à côté, il y aura un observatoire composé des éléments des partis politiques et des éléments de la société civile pour superviser, surveiller et contrôler l’ensemble des actes de la direction générale des élections pour nous permettre de ne pas laisser la main libre à des organes administratifs officiels de l’État guinéen. Dans le contexte de la transition, nous avons estimé qu’il va dans le sens de la garantie de la bonne fin du processus. La Constitution va mettre en place de manière la plus sereine un organe qui va gérer les élections futures pas celles de sortie de la transition », a-t-il martelé chez nos confrères de la radio Espace.

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Mohamed Lamine Souaré pour Siaminfos.com

 

 

 

 

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