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N’zérékoré/ Deuxième édition du FILA : Zoom sur l’ouvrage “Tour de passe passe

Tour de passe passe, lauréat au festival international du livre des arts de Guinée (FLIAG) 2022 à Conakry, est une pièce de théâtre qui décrit les réalités politiques des dernières années de notre pays. Exposée à la deuxième édition du festival international du livre et des auteurs de N’zérékoré, notre rédaction a rencontré son auteur à travers notre correspondant régional basé dans la capitale de la Guinée forestière.

Né en 1992 à Macenta, notre jeune écrivain a eu un parcours atypique. De l’école primaire Macenta Koura, au département de sociologie de l’université Amadou Dieng de Coyah, il a toujours voulu partager ses expériences avec les autres notamment en dispensant des cours au lycée dans un premier temps et en optant pour la littérature, histoire d’immortaliser ses idées.

Siaminfos.com: Parlez-nous de cet ouvrage « Tour de passe passe » !

Amadou Douno: C’est une pièce de théâtre qui décrit les réalités politiques des dix dernières années de notre pays. C’est une façon d’écrire l’histoire pendant qu’elle se déroule pour ne pas qu’elle soit tronquée à l’avenir afin d’éviter de cacher la vraie histoire aux générations futures.

Et pour ce ce titre “Tour de passe passe »?

On parle de tour de passe passe parce qu’on sait que la politique est décrite là-dedans est un jeu. Les uns utilisent la mentalité des autres pour les tromper et ça passe à tour de rôle.

Comment est venue l’idée d’écrire cet ouvrage ?

C’est parti de l’observation de la société. On a vu que le pays est miné par la manipulation politique. Au temps de Daddis, on sait comment il est arrivé au pouvoir et comment il a été renversé; jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Sékouba Konaté qui a ensuite cédé à Alpha Condé. Voyant le déroulement des choses, on s’est dit qu’il faut écrire que sinon l’histoire là sera tronquée alors que c’est une page importante de notre histoire.

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Retracez-nous les grandes lignes de cet ouvrage !

Le contenu est un peu particulier. Vous allez voir, ça ne respecte pas strictement le standard d’une pièce de théâtre. C’est une nouvelle façon d’écrire le théâtre. Non seulement les personnages sont idiomatiques (qui ont des significations dans les langues du pays). Par exemple, on va voir Itagnini qui veut dire (cherche pour toi), il y a katala (le débrouillard) ainsi de suite. C’est pour décrire la façon dont les politiques utilisent les populations comme des boucs émissaires pour arriver à leurs fins, la succession des manifestations, comment les uns meurent et pour que les autres se sentent libres. Quand un opposant politique demande aux populations de sortir dans la rue pour aller manifester, il dit souvent, vous le faites pour la défense de votre pays en critiquant le pouvoir en place et le pouvoir aussi qui ordonne aux forces de l’ordre de réprimander les manifestants, les traquer, les frapper…sous prétexte que ce sont des gens qui piétinent notre jeune démocratie, qui détruisent le patrimoine public. Donc, chacun de son côté, essaye de manipuler le peuple qui se retrouve victime d’une impasse. C’est ce scénario là qui est décrit là-dedans.

 

N’zérékoré, Lanceï Naboun pour Siaminfos.com

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